L’école à la petite semaine

Gérer l’enseignement à la petite semaine… c’est risqué

Publié le mercredi 1er août 2012

par Anne Beghin, candidate 3ème de liste aux Communales d’octobre et Bernard Löwenthal 16ème sur la liste ECOLO-Genappe

Pourtant c’est bien l’impression que donne le PO (pouvoir organisateur) de l’école de Baisy-Thy dans la gestion de ces dernières semaines… l’impression de prendre des risques. Cette école communale a été le théâtre d’une accumulation de décisions, sanctions, marche en avant et marche en arrière toute. Pas mal d’agitation et en définitive aucune gestion en profondeur. Premièrement le 30 juin… Parents, enfants et enseignants apprennent le changement inattendu d’affectation de deux institutrices pour la rentrée 2012. Annoncés à la dernière minute ces changements sont évidemment mal vécus et de manière hautement émotionnelle. Les enfants pleurent, les institutrices aussi. Assez rapidement, aux larmes se succèdent le refus, le rejet de cette idée et la mobilisation des parents. Pourquoi de tels changement au sein d’une école. Si de tels changement sont sans doute très sains…ils doivent se préparer, se discuter ou encore faire partie des habitudes de fonctionnement de l’école. Ce qui n’est nullement le cas de Baisy-thy puisqu’on peut y rester 30 ans à gérer la même classe et les mêmes matières. Alors pourquoi un tel changement, par ailleurs communiqué de manière aussi brutale, brusque, un rien cavalière, et cela deux jours après avoir expliqué aux parents l’intérêt de poursuivre dans la continuité avec la même organisation. Les changements d’affectation ne devraient-ils pas être réfléchis, discutés et/ou communiqués bien avant la fin de l’année scolaire ? Deuxièmement, dans la foulée de cette journée psychodramatique du 30 juin toujours…parents- et donc enfants- apprennent qu’une faute a été commise par une des institutrices. Si la dite faute est à l’origine de notre affaire, il nous semble anormal que les parents et les enfants soient mis au courant, même indirectement, des problèmes de gestion du personnel. Ces problèmes devraient être gérés en interne dans le respect de la vie privée des personnes concernées. Les parents ne devaient pas entendre cela. Les enfants non plus. Si chaque Pouvoir Organisateur définit ses sanctions et ses modalités d’application, un minimum (ou un maximum !) d’éthique se doit d’être observé. Troisièmement, si une faute entraîne comme chacun le sait une sanction, le PO de l’école choisit de sanctionner d’une manière surprenante …peu compréhensible la personne concernée, la sanction étant de la changer de classe. Ce qui est très valorisant pour la dite classe ! Par ailleurs, en quoi est-ce une sanction ? Enseigner en troisième serait moins bien qu’en cinquième et serait une dégradation ? Et comment sanctionner ? Tout dépend évidemment de la faute et du contexte dans lequel elle a été commise. La sanction ne doit en tout cas pas impacter d’autres institutrices ni les enfants. Enfin, quatrièmement, craignant une démotivation des institutrices concernées et n’acceptant pas, on le comprend, la brutalité de la décision…les parents se mobilisent pour faire changer d’avis le PO. Et bien sûr, à l’avant-veille des élections, forts de leur pétition et arguments en main, ils obtiennent gain de cause. Le collège a décidé le 25 juillet d’annuler la décision du PO. Qui se devra de réfléchir à une autre sanction. Tout ça pour ça nous direz-vous ? Oui tout ça pour de toute façon arriver au risque bien réel d’une démotivation et d’une ambiance qui ne peut que se dégrader….si rien n’est fait, pensé, réfléchi avec l’équipe en place. Tout ça pour se rendre compte que…rien n’a été géré. En effet, des décisions sont mal prises, mal communiquées, créant des dégâts humains à tous les niveaux. Pour, en définitive, être annulées. Aucune gestion de crise donc. Si les parents ne pouvaient pas faire autrement que de s’opposer à une telle décision…les choses auraient sans doute été toutes autres si celle-ci avait été communiquée aux personnes concernées il y a plusieurs semaines, en interne. Et si la rentrée de septembre avait alors été préparée afin que chacun (re)trouve une place agréable et épanouissante au sein de l’école. Cela, bien sûr, demande du temps, de la réflexion et beaucoup d’énergie. Ce sont les ingrédients indispensables et minimum lorsqu’on s’occupe de l’humain au sens large. Que penser de la direction qui peut aujourd’hui se sentir discréditée, peu soutenue quelque part par un PO qui apparait comme hésitant . Un PO qui se montre, dans la gestion de cette affaire, peu sûr de lui ou opportuniste. N’y a-t-il pas urgence à réintroduire des dimensions humaines de respect de tous les acteurs de notre enseignement communal et principalement des enfants ? Pour Ecolo Genappe, il y a une certaine urgence à réintroduire créativité et réflexion en profondeur pour gérer les projets scolaires, les projets d’école, les équipes en place mais aussi les interactions entre tous (enfants, parents, enseignants, direction, accueillants). Urgence aussi à communiquer sainement, honnêtement, éthiquement et de manière respectueuse.