Etre jeune à Genappe, le parcours du combattant ?

Publié le vendredi 11 avril 2014

Grandir, se construire et prendre sa place dans le monde, c’est le passionnant mais difficile travail des adolescents. Grandir cela prend du temps, de l’énergie. Grandir c’est toute une histoire qui se met en place, un puzzle qui s’élabore. Un casse-tête parfois. Grandir cela ne se fait pas sans outils, objets, jouets, livres, créativité, émotions, expériences. Grandir exige aussi de côtoyer des adultes bienveillants.

Le jeune a besoin à la fois d’être protégé et stimulé. On pourrait presque dire qu’il a besoin d’un fameux et fabuleux moteur d’apprentissage. Car en quittant l’enfance, l’ado, comme on dit, a inévitablement dû abandonner pas mal de choses, ce qui n’est pas simple…et il va devoir en reconquérir d’autres. Ce qui n’est pas plus simple. Il lui faut une part d’audace, d’envie, de joie, de patience et d’expérimentation. Du courage parfois. Beaucoup de confiance en soi. Mais inévitablement il lui faut aussi des partenaires tant parmi ses amis et copains que parmi les adultes qu’il rencontre chaque jour ou épisodiquement. Des adultes ouverts, respectueux, à l’écoute, et bien dans leurs baskets aussi. Et ce pour qu’il puisse s’inspirer, s’initier, essayer, créer, se confronter, recommencer, se comparer, s’évaluer, se trouver. Il lui faut des lieux avec des adultes généreux, motivés et formés à l’écouter, à entendre ses difficultés et ses souhaits de jeune. Des lieux aussi où il peut s’exprimer, se détendre, se divertir ou mettre en place des projets.

A Genappe comme ailleurs, le jeune est souvent porteur de croyances et de malentendus. Il fait peur, il agace, il dérange, il bouscule. Pourtant pour qu’il puisse prendre sa place en tant qu’adulte partout mais aussi dans la cité…il va falloir la lui donner. Les adultes ont une responsabilité par rapport aux jeunes, celle de les stimuler, de les aider à se construire car ils représentent l’avenir. Une ville, une commune, un pays qui ne se préoccuperait pas de cette question de la place du jeune se montre quelque peu suicidaire. Ne pas donner de place aux jeunes…c’est ne pas envisager l’avenir. C’est carrément une insulte à l’avenir.

Donner une place, cela passe par des lieux, des services ou encore des événements 100% jeunes. Il faut que les jeunes puissent s’exprimer, échanger, rencontrer, prendre part et participer.

La mise en place du premier Conseil communal des enfants à Genappe, à l’initiative du Groupe Ecolo est prévue en octobre 2014 avec des enfants de 12 ans. C’est une excellente nouvelle. Espérons que ce lieu soit vraiment un lieu de démocratie où chacun des petits conseillers pourra s’exprimer sur des sujets qui le concerne lui et tous les enfants qu’il représentera. Parallèlement à ce conseil des enfants qui sera piloté par madame Bury, échevine de l’enseignement…ne faudrait-il pas également un conseil des jeunes piloté par monsieur Girboux, en charge de la jeunesse.

Ne devons-nous pas aussi réfléchir et tout faire pour pouvoir ouvrir une Maison de jeunes ou au moins un Espace jeunes promis par monsieur Girboux, dans le cadre du futur pôle culturel (site des Ateliers du léz’arts et des anciens bureaux de la police). Les jeunes ont besoin de lieux d’expression : pouvoir répéter avec son groupe de musique, se retrouver, mettre en place un projet, etc. Les communes avoisinantes, toutefois plus peuplées et plus denses, offrent à leurs jeunes une MJ (Maison de jeunes) : Braine-l’Alleud, Waterloo, Wavre, Tubize pour citer 4 exemples.

Parallèlement à ces espaces, les jeunes ont aussi besoin de services adaptés : conseils, infos, écoute, santé, etc. Mais aussi des lieux pour être aidés dans deux domaines fondamentaux et porteurs de leur avenir : scolarité d’une part ; emploi d’autre part.

Assurément, Genappe a encore du travail pour faire de sa commune une commune Jeunes admis. Les jeunes Chenappans ont aujourd’hui trois grandes possibilités : le scoutisme, le sport et l’académie & le CEC (Centre d’Expression et de Créativité, les Ateliers du Léz’arts). S’il s’agit bien là de milieux indispensables, à valoriser encore et encore, ce n’est pas suffisant. Genappe manque cruellement de lieux plus libres : lieux de rencontres, lieux d’échanges intérieurs et extérieurs, lieux de répétition, de jeux, lieux d’expression artistique. Genappe manque également de services. Le soutien scolaire notamment pour les enfants mais aussi pour les ados et les grands ados est insuffisant. L’AMO (Action en Milieu Ouvert) et l’EDD (école de devoirs) font un travail remarquable mais une fois encore insuffisant, au regard de l’éloignement géographique des villages et du nombre d’enfants et d’ados versus le nombre d’animateurs actuels pour ces deux structures. Il manque de relais dans les villages. Souvent éloignés….Ne faudrait-il pas envisager pour toucher le plus grand nombre un « comptoir jeune » nomade » ?

A Genappe, s’il n’existe pas de réelle commission Jeunesse (demandée par le groupe Ecolo), iI existe des collaborations PCS/CPAS/AMO/CEC mais on a l’impression que ce sont des collaborations qui ne sont pas engagées sur le long terme, davantage au coup par coup, symptomatique d’une réelle politique de la jeunesse qui tarde à se mettre en place.

Pour Ecolo….la jeunesse est une des 3 priorités de cette campagne 2014. Un axe fort et fondateur pour l’avenir de tous. Tant en matière de scolarité, Ecolo fait des propositions très concrètes qu’en matière d’emploi. A ce niveau Ecolo se préoccupe directement des 18-25 ans et a prévu le contrat-jeune, financé par l’état fédéral, accessible à tous ces jeunes qui sont désireux de vivre un premier contact avec la réalité professionnelle dans de bonnes conditions. D’une durée de 6 mois, renouvelable une fois, ce contrat à temps plein prévoit que celui qui le signe est accompagné à mi-temps dans sa recherche d’emploi et preste l’autre mi-temps, rémunéré au salaire minimum garanti dans des associations ou services communaux. Il existe aussi à Bruxelles à l’initiative des Verts le plan Tandem (partager le travail entre générations), plan qui devrait être généralisé. Force est de constater qu’une des valeurs clé d’Ecolo est la solidarité. Qui permet de lutter contre l’isolement, le repli ou le rejet. A Genappe nous devons nous battre pour faire vivre cette valeur.

Anne Beghin

Conseillère communale & Candidate pour le BW à la Région.