Les classes de neige, réfléchissons-y !

Publié le jeudi 22 mars 2012

C’est en 1950, en France, qu’a été organisée la première expérience de classe de neige. Elle s’est déroulée à Praz-sur-Arly et a été organisée sur l’initiative d’une institutrice et du directeur du cours privé Victor Hugo à Paris. Par la suite d’autres classes de neige s’organisent tant depuis la France que depuis la Belgique. Mais aujourd’hui, quelque 60 ans plus tard….ces classes de dépaysement sont-elles encore un passage obligé dans la vie des écoles ? Si leur développement a été important dans beaucoup d’écoles primaires de notre pays…toutes les écoles n’ont pas pris part à cette aventure et par ailleurs beaucoup d’écoles ont cessé de les organiser. Comme l’école Sainte- Marie de Bousval. Pourquoi ouvrir un tel débat ? Si nous avons tous été atterrés par l’accident de car qui s’est produit à Sierre en Suisse en mars dernier... ce drame a fait revenir à la surface, nous semble- t-il, la question du choix des destinations et des moyens de transport des classes de dépaysement. Bien sûr il s’agit d’un accident, et cela reste exceptionnel. Bien sûr nous ne pouvons pas tout contrôler et les accidents font partie de la vie. Mais, repenser les destinations (plus ou moins lointaines) et les transports collectifs (Train versus car) de nos enfants doit revenir en débat dans toutes les écoles et au niveau des pouvoirs organisateurs.

En tant que parents, nous sommes très vigilants à propos de nombreuses dimensions de l’éducation et du bien être de nos enfants : nous faisons attention à leur nourriture, au choix de leurs activités extrascolaires, nous réfléchissons longuement lorsqu’il s’agit de choisir une crèche, une école ou un stage. Pour les classes de neiges, activités traditionnelles soit….nous acceptons de les mettre dans des cars, en hiver, pour un trajet de nuit, d’une durée variant de 12 à 16h, vers les stations de ski. Et là…n’oublions-nous pas de nous interroger ?
- Quelle est la société choisie et sur base de quels critères a-t-elle été choisie ?
- Le véhicule est-il parfaitement adapté aux conditions météorologiques hivernales ?
- Les 2 chauffeurs sont-ils formés (et expérimentés) également pour rouler sur les routes amenant aux stations de sports d’hiver ?
- La société est-elle spécialisée dans le transport des enfants vers les stations de ski ?
- Combien de pauses sont prévues durant le trajet ? Ecolo Genappe ne fait aucun procès d’intention ni aux organisateurs des classes de dépaysement, ni aux sociétés de cars…mais estime que si la commune continue, à l’avenir, à organiser des classes de neiges dans des stations lointaines…elle doit donner davantage de garanties aux parents que ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui…. Et ce finalement quelle que soit la formule ou l’activité. Nous pouvons aussi être créatifs, innover et changer nos formules….L’idée de ces classes c’est d’apprendre autre chose autrement…..de faire l’école en dehors de l’école. En resituant ainsi le contexte nous pouvons au moins souligner deux points :
- Aujourd’hui les formules de classes de dépaysement sont nombreuses, variées et parfois tout près de chez nous : classes de voile, Classes de cirque, classes de forêt, classes de sport, classes de vent pour citer quelques exemples d’alternatives aux classes de neige ;
- Des classes de neige peuvent s’organiser, oui…mais beaucoup moins loin qu’en Haute Savoie, Suisse ou Italie, dans les Vosges par exemple.

Enfin…les classes de dépaysement de demain doivent aussi tenir compte du coût engendré par ces classes pour les familles (500 euros hors équipement… est-ce encore raisonnable de nos jours ?)…et de leur empreinte écologique.

Anne beghin anne.beghin@avcom.be