Nos Vœux pour 2026 : “Penser global – Agir local”
À l’occasion de la présentation des vœux 2026 d’Ecolo Genappe, le chef de groupe au conseil communal, Thierry Ferracin, a donné corps au slogan écologiste « Penser global, agir local » en mettant en lumière la manière dont l’action communale peut contribuer à la restauration indispensable de l’autonomie européenne.
En ce début d’année, c’est avec beaucoup de plaisir qu’Écolo Genappe vous adresse ses vœux les plus sincères.
Nous en sommes à trois semaines de 2026 et honnêtement, l’actualité se révèle plus riche en retournement que la décennie passée avec un événement qui fera date et dont nous devrons assumer les conséquences pour les décennies à venir : je parle de notre abandon par ceux qui furent notre principal allié durant les cinquante dernières années, les Etats-Unis.
Tout cela est bien loin de Genappe me direz-vous mais pas tout à fait. Lorsque je suis rentré chez Ecolo, j’ai reçu à un événement un cache-oreilles avec un slogan écologiste : « penser global, agir local ».

Le “global” que nous vivons, c’est la situation de l’Europe et pour mettre des mots là-dessus, écoutons Julien Devaureix (du podcast Sismique, texte ici résumé) :
« La situation actuelle de l’Europe révèle un profond décalage entre sa vision du monde et la réalité du monde. Construite sur l’idée que le droit, l’interdépendance économique (le fameux libre-échange) et la coopération finiraient par marginaliser la force, l’Union européenne se retrouve aujourd’hui désarmée face au retour brutal des rapports de puissance.
Le monde qui rendait ce modèle viable a disparu. Pourtant, l’Europe continue de réagir comme si les règles suffisaient à la protéger, alors même qu’elle ne dispose ni de la puissance, ni de la cohérence politique, ni de l’autonomie industrielle et énergétique nécessaires pour les faire respecter.
Résultat : l’Europe voit les évolutions du monde, mais ne peut que les commenter. Coincée entre des puissances autoritaires (USA, Chine et Russie) qui testent nos lignes rouges.
Le plus inquiétant est que cette vulnérabilité n’est pas assumée. L’Union persiste à croire que tout cela est une parenthèse alors qu’il constitue désormais la norme.»
Alors la situation n’est pas totalement noire, nous avons quelques atouts (à préserver)… un état de droit, un enseignement de qualité et largement gratuit, une sécurité sociale qui stabilise nos sociétés, une culture démocratique avec contre-pouvoirs (presse, juges, chercheurs) capable (encore) de résister aux crises et aux replis identitaires. Dans un monde instable, l’Europe est plus forte qu’il n’y parait parce qu’elle est robuste : elle tient.
On remarquera par ailleurs que ces atouts, certains essayent de les saboter.
Donc armé de ces ingrédients de robustesse, nous devons et nous pouvons agir. Que devons-nous faire ? La priorité est de retrouver notre autonomie. C’est le maitre mot, je pense, pour 2026.
Si l’Europe veut redevenir souveraine et indépendante elle doit récupérer son autonomie et cela commence ici, dans nos territoires. La souveraineté ne se décrète pas depuis les sommets aux Berlaymont ou ailleurs : elle se construit au quotidien.
Alors en 2026, vos conseillers communaux écologistes vont agir à Genappe pour restaurer notre autonomie.
Cela commence avec l’autonomie alimentaire : c’est soutenir une agriculture locale capable de nourrir la population, relocaliser la transformation et utiliser la commande publique pour sécuriser nos filières. Manger local, c’est aussi un acte de sécurité collective. Ce n’est pas un hasard si nous sommes aujourd’hui dans une ferme de Genappe.
L’autonomie énergétique, c’est produire ici l’énergie renouvelable dont nous avons besoin, réduire notre consommation et permettre aux citoyens et aux communes de reprendre la main sur l’énergie. On a trop perdu de temps à Genappe sur l’éolien, nous pouvons agir !
L’autonomie technologique, c’est investir dans notre commune pour ne plus dépendre des choix de multinationales ou de puissances étrangères. Des importants budgets IT ont été voté, assurons-nous qu’ils soient dépensés avec en ligne de mire notre autonomie. Explorons les solutions de logiciels libres.
Enfin, l’autonomie démocratique, c’est redonner du pouvoir aux citoyens, renforcer la participation, la transparence et la confiance. Sans démocratie vivante, il n’y a pas de souveraineté durable. Ce sera le meilleur outil contre l’extrême droite qui aujourd’hui roule pour nos adversaires à Moscou ou à Mar à Lago.
Être écologiste aujourd’hui, ce n’est pas seulement protéger la nature. C’est protéger notre capacité collective à décider, ici et maintenant, face à un monde de plus en plus brutal.
On dit parfois que les écologistes — comme l’Europe — seraient au plus bas.
Mais la vérité, c’est que nous sommes au point de départ d’un renouveau.
Car oui, nous avons de l’or entre les mains : Les valeurs que nous portons, les projets que nous défendons, ce ne sont pas de simples lignes dans un programme ou un projet de société.
Ce sont les fondations d’un nouveau récit, les briques d’une nouvelle civilisation européenne — lucide, solidaire, vivante. Il reste du travail, bien sûr. Mais l’essentiel est là.
Les recettes d’hier ne répondront pas aux défis de demain.
Nous n’avons plus le luxe d’attendre.
Régénérer notre continent n’est plus une option : c’est une mission.
Et cette mission commence ici à Genappe (et ailleurs).
Avec nous, avec vous.
Maintenant.
