NON au nouveau McDonald’s à Genappe
Nous ne sommes plus dans les années 80-90 lorsque le macadam était roi que les impacts négatifs des fast-foods étaient sous-estimés.
En résumé :
Cette opération immobilière prévoit un vaste comblement d’une zone naturelle au moyen de remblais de plusieurs milliers de m3, le détournement d’un ruisseau, l’abattage de 43 grands arbres, la bétonisation et l’artificialisation du sol, la création de 54 places de parking pour la construction d’un fast-food avec drive-in. Ce projet inacceptable engendrera de nombreux préjudices pour les Genappiens.
Un Mc Do à Genappe: quels impacts pour notre commune?
Un promoteur immobilier privé souhaite valoriser sa parcelle en implantant un McDonald’s dans notre commune, le long de la N5 à côté de l’Intermarché à quelques mètres du rond-point reliant les rues Louis Taburiaux et l’Allée des Cavaliers.
Où s’arrêtera la bétonisation et l’imperméabilisation du sol ? Nous sommes tous marqués par les inondations de 2016 à Genappe et de 2021 en Belgique. Nous savons que le dérèglement climatique va entraîner des précipitations exceptionnelles. Genappe n’a pas encore vécu de précipitation telle que celle des vallées de la Vesdre et de l’Amblève qui ont connu plus de 240 mm en une journée.
Cet espace naturel (en zone d’aléa d’inondation faible) doit être préservé pour ses nombreuses fonctions :
- puits de biodiversité,
- apport de fraîcheur lors des canicules estivales,
- une zone tampon en cas de débordement du cours d’eau,
- paysage naturel offrant une coupure visuelle entre la nationale N5 et le centre de Genappe.
La Ville de Genappe, commune la plus agricole du Brabant Wallon, fait tout pour nous le rappeler en développant la campagne de communication « Genappe, ma terre ». Le Plan Communal de Développement Rural et le GAL mis en place il y a quelques années, déploient une énergie importante pour stimuler et valoriser la ruralité, la défense de l’agriculture durable et la production alimentaire locale. Où serait la cohérence entre la politique locale, la justification de subsides importants dont bénéficie Genappe avec l’accueil d’un fast-food ?
Serait-ce une stratégie de la part du promoteur immobilier ? Demander le pire du bas de gamme du fast-food avec drive-in pour espérer l’obtention d’un permis pour une autre surface commerciale ? Comment ose-t ’il proposer un tel projet ? Rappelons que cette zone est censée être mixte selon le schéma de structure communal : commerces, logements et service aux citoyens. Or elle ressemble fortement à un zoning commercial.
Pour faire les bons choix, il faut utiliser les bons outils: le Schéma de Développement Communal et le Schéma Communal de Développement Commercial peuvent apporter de la cohérence urbanistique et bien maîtriser les besoins et le manque d’offres commerciales. Ces deux outils sont à mettre en place durant cette législature pour viser une meilleure dynamique du centre, stimuler l’emploi local et éviter de donner de faux espoirs aux promoteurs immobiliers ne travaillant qu’avec de grosses chaînes de magasin. Dans le même sens, le Plan Communal de Mobilité mériterait un petit rafraichissement. La tâche est grande mais des diagnostics ont déjà été partiellement réalisés. Ne partons pas d’une page blanche.
Le refus de permis pour un McDonald’s à Rixensart en 2021 nous inspire et nous donne confiance dans le rôle des enquêtes publiques.
Deux articles d’investigation journalistique parus récemment renforcent nos propos et une jurisprudence semble s’installer pour faire face à ce fléau de la « malbouffe ».
- NOIRFALISSE, Q., La Bataille de Tervuren. La Malbouffe. (Enquête n°35), Journal Médor, juin 2024. https://medor.coop/magazines/medor-n35-ete-2024/la-bataille-de-tervuren-malbouffe-obesite-jeunesse-mcdo/?full=1
- Warland, M., La Flandre se mobilise contre les fast-foods à la campagne : la Wallonie est-elle à la traîne ?, site rtfb, août 2024. https://www.rtbf.be/article/la-flandre-se-mobilise-contre-les-fast-food-a-la-campagne-la-wallonie-est-elle-a-la-traine-11416617
Voici la liste, non exhaustive, des arguments contre ce projet :
Sécurité et mobilité :
- La circulation de la Rue Louis Lalieux et dans le centre de Genappe par les automobilistes venant de Vieux Genappe et de Loupoigne va augmenter.
- La sécurité : ce rond-point est déjà avéré dangereux, l’augmentation des voitures aux heures de pointes augmentera le danger.
- Ce projet encourage fortement l’utilisation de la voiture.
- Accroissement du nombre de véhicules et par conséquent, augmentation de comportement dangereux des automobilistes.
- L’ouverture tardive du fast-food peut provoquer l’augmentation de la petite délinquance.
- Le passage pour piéton n’est pas sécurisé alors qu’il traverse tout le parking de l’Intermarché.
- L’accès piéton traversant le parking ne sera pas assez sécurisé.
Urbanisme :
- Ce projet prévoit une importante modification du relief du sol par des terrassements de plus de 7000 m³. Ce qui représente, soit dit en passant, plus de 500 camions de 12T !
- L’extension de la zone commerciale actuelle va à l’encontre d’un re-développement et d’une redynamisation du centre-ville de Genappe ou l’Horeca est l’une des activités phare.
- Paysage naturel dégradé et écran vert fortement diminué.
- Cette zone est en zone d’habitat selon le plan de secteur. Le schéma de structure communal n’a pas prévu de consacrer ce quartier exclusivement en zoning commercial. Il est indiqué notamment ceci : « Dans le but de soutenir le rôle de Genappe en tant que pôle principal et de développer l’option territoriale de la zone de centre urbain, la mixité fonctionnelle est recommandée par l’implantation des commerces, services et équipements. (…) Les activités économiques compatibles avec le logement sont envisageables. »
Commerce :
- Concurrence avec le commerce local et risque de diminution de la fréquentation des commerces Horeca existants dans tout Genappe.
- Les Mc Donalds’ ont des centrales d’achat et des cuisines centrales. Ils ne contribuent certainement pas à la vie locale et ne feront pas vivre les petits producteurs.
- Le promoteur annonce entre 25 à 35 emplois. Ces emplois seront probablement en grande partie des jobs d’étudiants et des emplois précaires. Ne faut-il pas mieux soutenir les petits indépendants de snack qui sont leurs propres patrons
- Préférer la culture du fritkot traditionnel (patrimoine immatériel belge reconnu), bien moins impactant spatialement parlant.
- Dévaluation du cadre de vie et donc du patrimoine immobilier.
- Genappe bénéficie d’une des meilleures friteries actuelles de Wallonie (Patatou), l’accueil du McDonald’s pourrait porter atteinte à l’image de l’offre commerciale de notre territoire.
Santé publique :
Il y a des écoles à proximité (secondaires et primaires et maternelles) : le lien entre poids des enfants et le nombre de chaînes de restauration rapide proches des écoles est bien réel et a été démontré récemment par une étude de Sciensano et de l’université d’Anvers: https://www.sciensano.be/sites/default/files/gvsci21a-2301-i01_-_second_design_report_sciensano_v12.pdf
Environnement :
- Augmentation de la pollution de l’air par l’augmentation du trafic, et donc impact sur la santé des riverains, de la faune et flore et sur les espaces naturels situés à proximité du site.
- Bétonisation et artificialisation d’un espace naturel remarquable.
- Abattage des 43 arbres anciens.
- Allant à l’encontre de la loi de la conservation de la nature:
- Destruction de l’habitat de 22 espèces protégées, telles que le castor d’Europe (Castor fiber), le moine globuleux (Monacha cantiana), la grive mauvis (Turdus viscivorus), le grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) et destruction potentielle de 31 espèces supplémentaires telles que le blaireau européen (Meles meles), le triton ponctué (Lissotriton vulgaris), la chouette hulotte (Strix aluco), plusieurs chiroptères.
- Destruction directe d’habitats prioritaires tels qu’un bois alluvial, une prairie humide, un cours d’eau (via sa déviation).
- Perturbation voir destruction du corridor écologique reliant le parc de la Dyle au site Natura 2000 des « Sources de la Dyle »
- Zone tampon recommandée par le Code du Développement territorial,
- Augmentation des déchets vu le fonctionnement de ce type de fast-food.
- Risque de dépôts sauvages aux abords du drive in.
- Nuisances olfactives et sonores qui porteront des nuisances aux 3 habitations.
- Le code de l’eau interdit de modifier ou couvrir un cours d’eau
Éthique :
- Le projet d’un fast-food, va à l’encontre de la politique affichée par la Ville « Genappe ma Terre » qui affirme soutenir les agriculteurs et les produits locaux ainsi que le soutien du commerce local durable et responsable,
- Le projet d’un fast-food, va à l’encontre des objectifs du PCDR- Agenda 21 de Genappe,
- Le projet d’un fast-food, va à l’encontre du GAL qui promeut notamment l’agriculture locale, les circuits courts, les produits locaux et bio, et la consommation durable avec moins de déchets
- Le risque d’un mode de consommation différent chez les jeunes, contraire à la plupart des principes d’éducation,
- Le risque de surpoids, de problème de santé divers (obésité, maladies cardio-vasculaire) liés à la « Malbouffe ».