17 juin 2019

Le dialogue, le seul chemin pour une vraie transition agricole ?

Le groupe Ecolo Genappe #CréonsDemain est persuadé que le dialogue entre les acteurs concernés par une réalité – quelle qu’elle soit- est la seule voie possible pour gérer une situation et amorcer un changement efficace, porté par le plus grand nombre.

Ceci étant, il est clair que lorsque l’on parle de dialogue sur certains sujets tels celui qui nous occupe aujourd’hui, à savoir les pulvérisations chimiques, il importe d’observer certaines règles. Au delà des règles évidentes de respect et d’écoute il est important de tenir compte de tous les groupes d’acteurs. Important aussi de se limiter aux faits et d’éviter de prendre des chemins de traverse émotionnels tels ceux que certains essaieraient de nous faire emprunter. Nous faisons références ici à des articles parus dans la presse dernièrement dans lesquels le président de la section locale de la Fédération,Wallonne de l’Agriculture nous prêtent des intentions et des propos complètement faux. De la part du représentant de toute une profession nous aurions espéré une position ouverte, honnête et représentative.

Le modèle que la société de consommation nous impose n’est plus soutenable. Il est tout sauf durable.

C’est là le pilier de la transition écologique revendiquée par les Verts. Par transition nous entendons le passage d’une société non durable et destructrice vers une société résiliente, respectueuse de l’environnement, des limites de la planète et des humains. Cette transition a de multiples facettes. L’une d’elle et non des moindres s’appelle la transition agricole. Et comme tous les passages, celui-ci se réfléchit, se prépare et se concerte. Il faut une probable osmose citoyen-politique-agriculteur car la transformation doit être collective et collégiale : producteurs et consommateurs doivent se parler.

Et, faut-il le rappeler, la qualité de notre environnement et de notre santé sont des biens et des droits communs. La réduction des pulvérisations chimiques en est une des clés. En plus du dialogue il faut donc un vrai partenariat entre tous.

Enfin, le levier financier est indispensable.

Elus communaux, régionaux et sans doute européens devront ouvrir leur portefeuille pour encourager, accompagner, développer la transition. Et aller vers une profession qui se réinvente.

C’est un défi. Personne ne dit qu’il est facile. Sauf des lobbies de l’agro-industrie, tout le monde –en ce compris les agriculteurs- peut dire qu’il est souhaité, indispensable et possible.

Notre groupe politique se veut le porte parole de ce défi et considère les agriculteurs comme les acteurs incontournables, expérimentés, volontaires qui le relèveront mais pas seuls.

La législation va aller vers une vraie réduction des pesticides. Cela est évident. Pour y arriver, ne devons-nous pas travailler main dans la main avec les agriculteurs pour qu’ils en diminuent progressivement leur usage et appliquent le plus rapidement possible les mesures de précautions prônées par beaucoup dont des scientifiques?

Nous ne sommes que les relais des études et des rapports scientifiques tant sur le réchauffement climatique que sur l’effondrement de la biodiversité. Le GIEC comme l’IPEBS sont des groupes réunissant des scientifiques de la sphère internationale. Leurs conclusions et recommandations sont claires. A Genappe, par ailleurs, le professeur Bruno Schiffers a récemment réalisé une étude, l’étude PROPULPPP. Ses recommandations sont claires elles aussi. Et cette étude a été menée avec l’accord de la ville de Genappe et en concertation avec les agriculteurs. Nous voulons espérer qu’il s’agit là du signe évident d’une prise de conscience collective et d’une position constructive.

Ces divers rapports et études remettent de l’objectivité dans la thématique qui nous occupe et nous préoccupe. Toute la profession des apiculteurs crie aussi son désarroi depuis des années face à l’effondrement des abeilles et des insectes sauvages, et à ses conséquences.

Quant aux riverains, de plus en plus informés de ces risques, ils expriment leurs inquiétudes notamment en matière de santé et de consommation.
Dans ce contexte, la transition agricole passera par des voies différentes ou nouvelles telles que

  • favoriser l’acces à la terre aux agriculteurs désireux de produire sans pesticides;
  • créer de nouvelles filières pour offrir aux exploitants des revenus corrects;

diversifier les productions et explorer des modes de productions naturels (agroécologie, agroforesterie, permaculture, etc.) et tout aussi sinon plus rentables;

  • mutualiser les moyens et optimiser la solidarité au coeur de la profession;
  • et,dès à présent, respecter les principes de précaution lors des pulvérisations, réduire l’usage des pesticides et se préparer à une législation qui sera contraignante dans les années à venir. Tel est d’ailleurs l’objet d’un des 7 articles de notre plan Biodiversité pour notre commune.

En tant que groupe politique, nous nous devons de travailler en vue d’un dialogue réussi entre tous au profit d’un diagnostic intégrant les arguments à la fois des législateurs, des scientifiques, des citoyens et des professionnels de la terre.

Nous espérons alors une conclusion dans laquelle chacun se retrouve ainsi que les générations futures. Bien évidemment..

Anne Beghin

Chef de groupe Ecolo Genappe #CréonsDemain

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