16 juin 2022

L’augmentation de la tarification des repas scolaires à Genappe, c’est non !

Les frais scolaires dont ceux engendrés par la cantine minent l’égalité des chances. Ecolo Genappe #CréonsDemain souhaite une réflexion et des changements à propos des frais demandés aux parents pour la cantine scolaire. En effet, Il faut à tout prix éviter que les enfants issus de familles précarisées se sentent stigmatisés. La stigmatisation diminue l’estime de soi et participe à une diminution du bien-être de l’enfant, pris en otage.

La gratuité ou d’autres pistes

Selon la Constitution belge et le droit international, l’accès à l’éducation devrait être gratuit. Or… nous savons tous et toutes qu’aller à l’école entraîne divers frais, dont ceux relatifs aux repas servis aux enfants. Ceux-ci cumulés à tous les autres – pointons les fournitures scolaires, la piscine, le soutien scolaire, les frais de logopédie, les voyages scolaires ou encore l’accueil temps libre/garderie- constituent alors une enveloppe budgétaire conséquente pour les parents dont certains peuvent se retrouver en difficultés régulières de paiement. A Genappe, les repas scolaires ont fait l’objet d’un nouveau marché pour les années scolaires 2022-2023-2024. Et les nouveaux prix unitaires poussent le collège à demander une augmentation quotidienne de 40 cents pour les enfants de primaire et de 30 cents pour ceux de maternelle. Ainsi une famille « moyenne » ayant 2 enfants en primaire et un enfant en maternelle … connaîtra dès la rentrée de septembre une dépense mensuelle de 188,8 euros à la place des 170,4 actuels.

Ecolo Genappe #CréonsDemain a voté lors du conseil communal du 7 juin contre cette nouvelle tarification des repas scolaires. Tout d’abord, en tant que Pouvoir Organisateur de l’enseignement public la ville de Genappe ne pourrait-elle pas prendre en charge cette augmentation plutôt que ce soit les familles qui soient impactées. En effet les crises multiples que nous vivons aujourd’hui nous obligent à trouver des solutions qui ne se fassent pas au détriment de certains dont les enfants. Ensuite, les inégalités en matière d’alimentation pourraient disparaître si chaque enfant pouvait bénéficier d’un repas sain et gratuit à l’école. La gratuité est une piste pour certains partis politiques dont le nôtre. D’autres proposent la mise en place d’un système de solidarité. La ligue des familles, elle, propose un coût proportionnel aux revenus des parents ce qui est une piste aussi. Et du côté communal ça bouge de ci de là. Certaines communes proposent déjà la gratuité. D’autres offrent le potage. D ’autres encore proposent aux familles nombreuses un tarif dégressif. A Genappe, nous ne prenons en compte aucune de ces pistes. Nous n’y réfléchissons pas non plus. Ce que notre groupe ne peut accepter. Se contenter d’augmenter les tarifs des repas de manière très importante ne devrait pas être la seule option! En votant contre cette augmentation, c’est l’attitude du collège que nous sanctionnons : le refus du débat sur ces questions n’est pas acceptable.

La débat doit se positionner en faveur de davantage d’égalité et moins de stigmatisation

Ce qui nous importe c’est de discuter de la réduction des inégalités et qu’une réflexion soit amorcée pour aboutir à des changements de pratique afin qu’aucun enfant ne se sente stigmatisé. Et que chacun puisse manger correctement. La stigmatisation c’est une violence symbolique ressentie par l’enfant qui se sent différent des autres enfants, n’ayant pas accès aux mêmes services que ses pairs. Cela a des répercussions inacceptables sur l’estime de soi, le bien-être à l’école et en bout de course…ce sont les apprentissages et les résultats scolaires qui en pâtissent. Il faut dès lors que tous soient considérés de la même manière, sur le même pied d’égalité avec un seul et même système. La moindre des choses serait alors d’offrir le potage à tous les enfants de maternelle et de primaire. Notons aussi que pour 2022-24, Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles va octroyer 12,5 millions d’euros pour des repas gratuits dans les cantines scolaires pour les maternelles et les deux premières années du primaire. Le gouvernement de la FWB a pris cette décision le 2 juin dernier. Des critères de qualité et de durabilité doivent être respectés…Notre groupe demande que le collège de Genappe réponde à un tel appel à projet et ce d’autant plus que notre fournisseur TCO remplit des critères de durabilité.

En conclusion…

L’école peut et doit jouer un rôle moteur dans la lutte contre les inégalités (sociales, scolaires, alimentaires).  Le collège communal a des responsabilités à prendre en ce sens. Notre groupe est prêt à participer à une réflexion en profondeur sur les tarifs de la cantine scolaire voire sur l’ensemble des frais scolaires.

 

Anne Beghin

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