22 janvier 2020

Dossier de presse: Genappe, un an après ? Non, non rien n’a changé !

Le constat au terme de l’année écoulée

En décembre 2018, nous étions inquiets, mais nous espérions…

Nous nous souvenons de nos mises en garde, de nos demandes exprimées le soir de l’installation du conseil communal, le 3 décembre 2018. Nous nous souvenons avoir remis le rapport du GIEC aux élus, avoir interpellé aussi les 3 échevins en charge de la transition leur demandant de travailler ensemble au profit d’une gestion globale et transversale.  Nous nous souvenons avoir parlé au nom des 40% de la population qui n’ont pas voté pour nos élu(e)s mais aussi au nom ceux et celles qui leur ont fait confiance, rassurés par leurs promesses électorales.

Durant l’année écoulée, forts de notre score, de nos convictions, de notre cohérence, nous avons beaucoup travaillé sur plusieurs dossiers. Epinglons notamment :

  • Le bâtiment cafétaria-vestiaires pour le club de foot dont nous avons souligné l’inadéquation totale avec les exigences énergétiques et notre plan climat communal ;
  • Le site pollué de l’ancienne sucrerie que nous avons dénoncé ;
  • La mauvaise idée du Tennis club dans le parc de la Dyle que nous avons combattue avec succès ;
  • Le Plan communal de biodiversité que nous avons proposé mais qui a été encommissionné ;
  • Le dossier des Cantines scolaires auquel nous avons largement contribué mais qui reste largement en dessous de nos attentes ;
  • Le recul communal de la politique des déchets, tant sur le dossier Poubelles à Puce abandonné par manque de courage que sur le zéro-déchets au budget dérisoire ;
  • Le projet de rénovation de l’Espace 2000 pour lequel nous avons réalisé une contre-proposition ;
  • Ou encore, ces éoliennes que nous avons défendues en vain pour la xième fois.

Systématiquement, notre groupe présente des réponses complètes et argumentées aux problématiques communales.
Malgré ce travail accompli …
Malgré nos demandes et propositions de se mettre ensemble autour de la table…
Les élus de la majorité s’isolent, persévèrent et s’obstinent au détriment de notre commune, et en dehors des réalités.

Pourquoi le Collège n’apporte –t-il pas davantage de considération à la force citoyenne présente sur notre commune, les préoccupations d’habitants chaque jour plus nombreux qui, au travers de dynamiques comme ‘Genappe en transition’, ‘Les Pt’its Pots’, ‘Genappe presque zéro déchet’, ‘Genappe solidaire ‘marquent très clairement leur volonté de changement mais aussi l’urgence objective à changer ? Tous ces citoyens rappellent chaque jour ces réalités.
La majorité ne leur donne pas de place. Ou si peu.

D’une part, la majorité reste sourde à nos recommandations… et, d’autre part, nous perdons notre temps à participer à des réunions notamment en commissions qui n’aboutissent à rien de nouveau, qui nous révèlent le conservatisme, la continuité, et l’inefficacité…

Un collège qui fait « Pchitttt »

Après un an de parcours, la nouvelle équipe des bourgmestre et échevins ne semble donc pas avoir pris la mesure des responsabilités qui sont les siennes par rapport aux enjeux sociétaux, environnementaux et climatiques.  Pire, la prudence, véritable marque de fabrique de la gestion du MR et de Gérard Couronné, apparait pour ce qu’elle est vraiment : inaction, attentisme, immobilisme… Symbole de cet attentisme, le PST (Plan Stratégique Transversal), fruit pour une bonne part du travail de l’administration, néglige par choix et habitude politiques ce qui permettrait d’avancer de manière opérationnelle : un calendrier et un budget.

Parmi les différents dossiers entamés cette année, citons-en trois qui illustrent bien d’une part le mode de fonctionnement défaillant de l’équipe en place et d’autre part la force de proposition de notre groupe : la rénovation de l’espace 2000, les cantines scolaires et la problématique des pesticides. Trois dossiers qui illustrent si bien nos divergences de convictions et de méthodes.

1) La rénovation de l’espace 2000 est un projet mal géré d’entrée de jeu. Les élus de la minorité, les commissions consultatives (pourtant mises en place par la majorité) et les citoyens ne sont pas sollicités et les choix stratégiques sont exclusivement confiés à un bureau extérieur. En sus les risques pour la santé par la présence massive d’amiante ne sont divulgués en Conseil communal que suite à une de nos interpellations et à des inquiétudes citoyennes. Au terme de ce processus défaillant, le résultat ne peut être que mauvais.

Citons un exemple : certains des travaux d’isolation prévus présentent un retour sur investissement de plus de 40 ans… Imagine-t-on une gestion aussi dispendieuse de la part d’une formation qui met en avant l’usage parcimonieux qu’elle fait de l’argent public ? Face à cette gabegie, notre groupe a présenté un plan alternatif alliant imagination, économie et aménagement contemporain qui permettrait de résoudre le problème énergétique du site tout en mettant à disposition des usagers des locaux salubres et durables pour la bibliothèque, l’académie de musique et la crèche. Notre plan a été refusé sans argumentation.

2) Le renouvellement du marché des repas des cantines des écoles communales aurait pu être l’occasion de valoriser les productions locales, d’améliorer l’alimentation des enfants et de satisfaire bon nombre de parents.  Il n’en sera rien.  Sur ce dossier, il est important de souligner que les citoyens se sont mobilisés (2 interpellations citoyennes en 2019 et une pétition).  Nous avons pris le relais en proposant toute une série d’améliorations et de contraintes au cahier des charges en vue d’assurer des repas locaux, bios et équilibrés.  Notre travail s’est appuyé sur les meilleures réalisations dans ce sens en Wallonie.  Seuls quelques-unes de nos suggestions ont été retenues et au terme d’un processus de sélection peu transparent, c’est un groupe industriel international (Sodexo pour ne pas le citer) qui a une fois de plus remporté le marché.  Outre les repas dont la qualité ne va pas significativement s’améliorer, il n’y aura aucune retombée économique locale. Et, force est donc de constater que les cantines restent confiées à un groupe dont l’empreinte écologique est trop importante. Imagine-t-on un choix aussi peu judicieux de la part d’une formation qui met en avant l’importance du développement de l’activité économique ?

3) La problématique des pesticides et plus largement de la transition agricole a fait l’objet d’une étude sur notre commune menée par le professeur Shiffers (l’étude Propulppp), de recommandations scientifiques, mais aussi d’initiatives citoyennes (2 conférences organisées par l’ASBL Soins et Santé et une conférence sur la transition agricole par le couple Bourguignon qui ont fait salle comble).  Alors qu’il semble évident que nous devons aller vers le respect du principe de précaution lors des pulvérisations, réduire l’usage des pesticides et se préparer à une législation qui sera contraignante dans les années à venir – tel était d’ailleurs l’objet d’un des 7 articles de notre plan Biodiversité proposé pour notre commune – le Collège semble se mettre la tête dans le sable. L’idéal est de travailler en vue d’un dialogue réussi entre tous au profit d’un diagnostic intégrant les arguments à la fois des législateurs, des scientifiques, des citoyens et des professionnels de la terre. Pourtant, la majorité, au travers d’une commission agricole cadenassée, a plutôt choisi l’inaction. Imagine-t-on un pareil immobilisme de la part d’une formation qui a fait de « Genappe ma commune nature » le slogan de la ville ?

En conclusion de cette année politique et au travers des exemples cités, nous regrettons l’absence de résultat tangible pour la commune alors qu’il reste 10 ans pour organiser de fond en comble les transitions.

Le résultat : l’inquiétude subsiste donc. En prime, la déception et la colère se sont installées.

Alors qu’en Belgique et ailleurs, des idées naissent et se concrétisent ;
Alors que des projets innovants se développent, que des élus rompent avec la continuité, essayant avec conviction… l’audace, la créativité et l’innovation ;
Notre Collège demeure dans sa zone de confort.
Et pourtant c’est possible ! De nombreuses communes en témoignent.

Citons ainsi ailleurs…

  • la commune de Habay qui peut être fière de s’affirmer commune hospitalière en ouvrant un lieu d’accueil communal aux migrants durant les 4 mois d’hiver et de nombreuses communes wallones qui ont créé des échevinats de la solidarité et des droits humains ;
  • la commune de Chaumont-Gistoux qui passera en 2020 au système des poubelles à Puces ;
  • Dijon devenue la première métropole à adopter un arrêté antiglyphosate au nom du « principe de précaution » ;
  • Ottignies-Louvain-La Neuve qui privilégie le local pour ses cantines scolaires ;
  • Clavier qui cède des terrains pour la création d’un verger communautaire communal ;
  • La Hulpe où le citoyen peut prendre la parole durant le conseil communal ;
  • Gesves qui plante des arbres à croissance rapide (des saules) afin d’alimenter ses chaudières à biométhanisation.

Beaucoup de communes sont ainsi réalistes, tiennent compte des constats et urgences, se donnent des perspectives et se fixent des objectifs clairs.
C’est exactement ce qui semble faire défaut à Genappe.
On préfère se rassurer par des labels comme “cimetière nature” ou “commune fleurie” qui nous le savons sont davantage de poudre aux yeux qu’une avancée en termes de préservation de la biodiversité.
Ailleurs, les choses semblent donc possibles et le changement est là.
Pas ici. Pas chez nous.
A Genappe, pas de transition, ni de bonne gouvernance ou de participation citoyenne… dont le premier budget est passé à la trappe.

Le climat du Conseil communal souvent irrespectueux tant envers les conseillers que les citoyens (dénigrements, ricanements, interruptions, mensonges, paroles coupées, attaques personnelles) ne facilite pas la situation.

Nous regrettons aussi un climat général où la cohérence et l’objectivité peuvent faire défaut au profit de l’émotionnel et, où dès lors toute prise de décision s’estompe par peur aussi de perdre une certaine popularité. Comment est-il possible d’une part de promouvoir dans le PST des pratiques culturales innovantes comme l’agro écologie et d’autre part, de ne leur réserver aucune enveloppe budgétaire digne de ce nom ?

Nous regrettons un climat où les responsabilités ne se prennent pas par manque de courage et de suivi. Il en est ainsi du réaménagement du site de la sucrerie, du centre-ville et de son tristement célèbre quartier Mintens dont le premier investissement sera l’aménagement d’un parking provisoire !

Alors que la Transition devrait être notre seul mot d’ordre à toutes et tous -citoyens, secteur associatif et élus- le collège se distingue par son immobilisme, sa désinvolture et notre commune par ses nombreux retards.

Quelle poursuite ? Dès 2020, nous affirmons autrement notre position de challenger

Ni écoutés, ni entendus notre groupe décide de changer son fusil d’épaule.
Nous ne voulons plus perdre notre temps. On ne peut plus se permettre de laisser notre commune en dehors du réel et de ses urgences.

En Conseil,

1) Nous resterons intransigeants et vigilants sur nos thématiques clés. Au plus près de nos engagements et promesses de campagne…nous mettrons en valeur tout ce qui freinera les transitions, et, informerons sans relâche les citoyens sur les manquements cautionnés par le collège.

2) Nous mettrons aussi tout en œuvre, avec les citoyens, pour faire voter des motions pertinentes et indispensables, construites ensemble, au profit des défis actuels.

3) Et afin de ne pas cautionner des décisions trop souvent inefficaces ou inadéquates, nous décidons de ne plus commenter tous les points présentés en Conseil.

Enfin nous décidons d’investir davantage le terrain citoyen et associatif que le Conseil communal qui tant qu’il ne sera pas filmé et diffusé restera ce qu’il est aujourd’hui : un huis clos infernal (bien orchestré par son président).

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