Déchets : une hausse difficile, mais des choix responsables pour limiter la facture de demain
L’INBW a décidé une adaptation des tarifs liés à la gestion des déchets à partir de 2027.
Soyons clairs : personne ne se réjouit d’une augmentation de facture. Dans un contexte où de nombreuses familles doivent déjà faire face à l’augmentation du coût de la vie, chaque euro compte.
Mais notre responsabilité politique est aussi de regarder la réalité en face et d’expliquer les décisions qui sont prises.
De quoi parle-t-on exactement ?
L’adaptation décidée représente une augmentation d’environ 11,06 € par habitant et par an.
Cette hausse résulte de trois éléments :
- environ 6 € pour couvrir l’augmentation des coûts du service ;
- 2,56 € pour résorber progressivement une dette accumulée dans le secteur des déchets ;
- 2,50 € de provision destinée à garantir l’équilibre financier futur.
Pour un ménage de quatre personnes, cela représente un impact d’un peu plus de 44 € par an.
C’est une somme importante et sa répercussion sur les foyers les plus modestes sera lourde à porter.
Pourquoi cette augmentation ?
La gestion des déchets est un service public essentiel.
Derrière chaque sac-poubelle collecté, il y a du personnel, des camions, du carburant, des infrastructures de recyclage, des centres de traitement et des équipements qui doivent être entretenus et renouvelés.
Or, ces dernières années, tous ces coûts ont augmenté :
- l’énergie ;
- le transport ;
- les coûts de traitement ;
- les équipements et infrastructures ;
- les charges supportées par les pouvoirs publics.
Dans le même temps, certaines recettes ont diminué. Les revenus liés à la valorisation de certaines matières recyclables sont aujourd’hui moins élevés qu’auparavant du fait des variations des prix du marché de ces matières.
Comme pour n’importe quel service public, lorsque les coûts augmentent durablement, ils finissent par devoir être couverts.
Pendant que certains critiquent, Ecolo agit pour protéger les citoyens.
Il est facile de dénoncer les hausses de coûts après coup. Il est beaucoup plus difficile de prendre ses responsabilités et de défendre des mesures concrètes pour les limiter.
Ecolo s’est battu au sein de l’INBW pour freiner la hausse et éviter que la facture des citoyens ne s’alourdisse davantage. Concrètement, nous avons plaidé pour et soutenu les mesures suivantes :
Mettre fin aux abus dans les recyparcs
L’une des mesures importantes a été l’instauration d’un contrôle d’accès dans les recyparcs.
L’objectif était simple : éviter que les habitants des communes affiliées financent des dépôts provenant de personnes ou d’activités qui ne participent pas au financement du système. On a par exemple constaté par le passé des entrepreneurs qui se rendaient au recyparc plusieurs dizaines de fois pas an pour leur activité professionnelle.
Les résultats commencent à se faire sentir :
- meilleure maîtrise des tonnages ;
- limitation des abus ;
- répartition plus équitable des coûts.
Sans cette décision, la hausse présentée aujourd’hui aurait été plus élevée.
Défendre une gestion financière prudente
Lorsque certaines décisions d’investissement ont été débattues, Ecolo a plaidé pour une analyse rigoureuse des risques financiers à long terme.
Nous avons notamment exprimé des réserves concernant certains investissements importants comme la deuxième ligne à l’incinérateur de Virginal dont les coûts continuent aujourd’hui à peser sur la situation financière de l’intercommunale.
Notre conviction reste la même : chaque euro investi doit contribuer à améliorer le service tout en préservant la soutenabilité financière pour les citoyens.
Mais limiter les hausses ne suffit pas : il faut aussi construire un système plus juste et plus incitatif, y compris au niveau communal. Ecolo Genappe défend une tarification davantage adaptée à la réalité des ménages, avec un forfait modulé en fonction des revenus ou réduit pour les familles nombreuses, tout en maintenant un prix du sac supérieur au coût inclus dans le forfait afin d’encourager la réduction des déchets. Nous souhaitons également étudier des solutions qui récompensent davantage les efforts de tri, comme les poubelles à puce fondées sur le principe du pollueur-payeur, et développer des points d’apport volontaire permettant aux habitants de s’adapter plus facilement à une diminution des fréquences de collecte. Ces mesures doivent s’inscrire dans une politique communale volontariste de prévention, de réemploi, de compostage et de réduction des déchets à la source.
Une question revient souvent : pourquoi ne pas utiliser les bénéfices d’autres activités de l’INBW ?
La question est légitime.
Si certaines activités de l’INBW dégagent des résultats positifs, pourquoi ne pas utiliser cet argent pour éviter l’augmentation de la facture déchets ?
Parce que la législation repose sur le principe du coût-vérité.
Concrètement, cela signifie que le coût de la gestion des déchets doit être supporté par l’activité déchets elle-même.
Autrement dit, on ne peut pas durablement masquer un déficit déchets en le faisant financer par d’autres activités.
Cette règle garantit la transparence financière et évite de transférer discrètement des coûts d’un secteur vers un autre.
La meilleure façon de payer moins : produire moins de déchets
Au-delà du débat budgétaire, la vraie question est celle-ci : comment éviter de nouvelles augmentations dans le futur ?
Pour Ecolo, la réponse est claire : La meilleure tonne de déchets est celle qu’il ne faut pas collecter.
Chaque kilo évité représente :
- moins de transport ;
- moins de traitement ;
- moins d’incinération ;
- moins de dépenses publiques.
C’est pourquoi les politiques publiques doivent soutenir :
- le réemploi ;
- la réparation ;
- l’économie circulaire ;
- les filières de seconde main ;
- le compostage ;
- la réduction des emballages ;
- les politiques de prévention des déchets.
Ces politiques sont bonnes pour l’environnement, mais elles sont aussi bonnes pour le portefeuille des ménages.
Une transition écologique qui doit rester juste
Enfin, cette situation rappelle une réalité souvent oubliée.
La transition écologique ne se résume pas à des objectifs ambitieux. Elle doit aussi être socialement juste et financièrement soutenable.
Ecolo défend depuis toujours une transition progressive, qui laisse le temps aux citoyens, aux entreprises et aux pouvoirs locaux de s’adapter.
Notre rôle n’est pas de nier les difficultés.
Notre rôle est de dire la vérité, de prendre nos responsabilités et de mettre en place les solutions qui permettront demain de produire moins de déchets, de mieux recycler et de maîtriser davantage les coûts.
Parce que la meilleure façon de protéger à la fois l’environnement et le portefeuille des citoyens reste de réduire durablement notre production de déchets.
