Questions / Réponses avec une habitante de Bousval

Suite à une interpellation par mail, nos candidats répondent

Publié le lundi 17 septembre 2012

Bonjour, Habitante de Bousval, je cherche à voter pour quelqu’un ou un parti qui :

- installera l’éclairage public dans tout mon quartier. C’est dur de partir ou rentrer du boulot en hiver à pied ou à vélo dans le noir quasiment complet. Il n’y a pas que des gens qui circulent en voiture dans mon "riche" quartier !
- qui en attendant, me procurera une bonne lampe de poche avec les batteries pour circuler en soirée en hiver à pied dans mon quartier ;
- qui procèdera à la réfection des routes et rues dégradées depuis des décennies : notamment rue du Bois des Conins, vieux chemin de Céroux, rue du Sablon, bas de l’avenue de la Meute : quand on y passe à vélo, on a l’impression d’avoir un marteau-piqueur en main plutôt qu’un guidon de vélo. Et quand on y passe en joggant ou en marchant, on risque l’entorse...
- qui entretiendra enfin le chemin piétonnier de la Chapelle-aux-sabots qui relie la drève Emmanuelle à la rue du Granier à Court-st-Etienne. Il faudrait le débroussailler une fois en juin et une fois en septembre. Par temps de pluie, quand on y passe, le pantalon est trempé jusqu’à mi-cuisse par les herbes et on doit baisser la tête pour éviter les branches chargées d’eau ;
- qui installera les égouts ;
- qui apportera l’alimentation en gaz naturel ;
- qui réinstaurera l’enlèvement des encombrants ;
- qui dotera la ville de Genappe d’une piscine publique. Il est de notoriété publique que le Brabant wallon manque de piscines. Ce sujet a servi de poisson d’avril dans le Bousvalien. Comment se fait-il qu’on ne puisse pas apprendre et pratiquer dans sa ville un sport aussi basique que la natation ?
- qui, en attendant, obtiendra des accords avec les piscines des villes voisines (Nivelles, Rixensart, LLN) pour que les habitants de Genappe ne doivent pas payer le prix fort de non-résident).

Avez-vous des réponses à mes espoirs ?

NOTRE REPONSE

Chère Madame,

D’abord, nous voudrions vous remercier pour votre mail. En effet, il est toujours agréable pour nous d’entrer en contact avec des personnes qui s’intéressent à la politique communale et aux propositions de chacun.

Nous ne serions pas honnêtes en vous répondant que nous allons tout simplement intégrer toues vos demandes dans notre programme pour les satisfaire si nous en avons la possibilité. En effet, les choses ne sont pas si simples.

Commençons, ce sur quoi nous sommes le plus en accord : l’entretien des routes et chemins qui n’est pas optimal pour ne pas dire autre chose.

Notre programme dit dans le chapitre "Sport, culture, tourisme et patrimoine" : Valoriser, maintenir et entretenir les sentiers et voies de mobilité douce. De manière générale, de nombreuses routes sont en effet en mauvais état et cela se ressent d’autant plus à vélo. En tant que cycliste au quotidien et membre du GRAC, Tanguy Isaac expérimente également (trop) souvent cette inconfortable réalité. Cependant, le nombre de routes nécessitant réfection est relativement important. Il faudra donc mettre des priorités. Nous proposons d’établir un état des lieux des routes et de fixer un ordre de priorité entre les différentes réfections nécessaires. A priori, d’après votre description, les exemples que vous donnez seront relativement haut dans la liste. Mais pour éviter la gestion à la petite semaine de la majorité actuelle, nous pensons nécessaire de tenir à jour un cadastre des routes reprenant les différents travaux effectués et l’état des routes. Ce cadastre permettra d’avoir une vision globale de la situation et des travaux à effectuer. Par ailleurs, ce cadastre permettra dans le temps d’avoir une évaluation de la qualité des travaux et de l’adéquation des travaux effectués. Si un an après une réfection, une route est de nouveau impraticable, c’est que la technique choisie n’était pas la bonne. Nous avons de sérieuses craintes concernant les travaux réalisés à la va vite avant le Beau-Vélo de Ravel.

A toutes fins utiles, plusieurs membres et candidats d’Ecolo Genappe soutiennent et sont actifs dans l’association "chemins 141", groupe de bénévoles qui entretiennent les sentiers de la commune. Même si cela devrait être fait par la commune, il y a tant de kilomètres (300 !) de routes, chemins et de sentiers à Genappe que nous pensons qu’il faut revoir la façon de gérer les espaces verts de la commune afin de dégager plus de temps aux ouvriers pour l’entretien de nos chemins et sentiers.

Enfin, il faut savoir que là aussi, tout le monde n’est pas demandeur, car des chemins difficilement praticables sont, aux yeux de certains, un gage de tranquillité ! Mais nous ne défendons pas ce point de vue.

Bref, l’entretien des chemins est capital pour la mobilité douce ainsi que pour les loisirs. Il s’agit d’une des richesses de la commune un peu (trop) délaissées par la majorité actuelle. Un entretien bisannuel n’est certainement pas excessif.

D’un point de vue plus technique, une planification des entretiens avec une évaluation des effets est également souhaitable. Certains chemins ne nécessitent peut-être qu’un entretien par an alors que d’autres en requièrent peut-être bien plus. C’est en ayant une approche planifiée avec évaluation que l’on pourra avoir la gestion la plus efficace de ces entretiens.

Concernant l’enlèvement des encombrants, nous craignons qu’effectivement les collectes deux fois par an comme cela existait auparavant ne sont pas forcément la meilleure manière de procéder. Dans notre société malheureusement de plus en plus impatiente, nous ne sommes pas sûrs que les personnes soient prêtes à attendre quelques mois avant de se débarrasser de leur encombrants. Par ailleurs, nous pouvons imaginer que comme la commune l’avance, la définition de plus en plus stricte des encombrants ménagers pose problème, notamment un manque de respect ou de compréhension des consignes de collecte avec pour résultat un amoncellement, sur les trottoirs de l’entité, de déchets non-conformes et donc non collectés.

Par contre, il est vrai que la solution actuellement proposée (un enlèvement sur rendez-vous devant être payé) fait que les personnes sans (grande) voiture paient plus cher le fait de se débarrasser de leurs encombrants. Une réflexion est certainement justifiée sur ce point là. La commune doit aussi faire face à de plus en plus de dépôts clandestins dans notre belle campagne.

Concernant la piscine, une piscine en plein air est ouverte les mois de juillet et août à Genappe. Pour une piscine permanente, on ne peut pas négliger que son coût financier (et sans doute aussi environnemental) est très important aussi bien en construction qu’en fonctionnement. Dès lors, choisir une piscine permanente, c’est renoncer à d’autres projets. Vu l’importance des enjeux, nous pensons que l’on peut au cours des six prochaines années, lancer un sérieux débat sur la question et étudier les différentes options et éventuellement, sur la fin de la législature, lancer la rénovation ou la construction s’il s’avère que c’est la meilleure option. Mais nous ne pensons pas responsable d’annoncer dès aujourd’hui qu’il s’agit d’une priorité absolue. En attendant, nous proposons d’élargir la période d’ouverture de la piscine de plein air. A priori, il s’agit d’une mesure facile et d’un coût relativement raisonnable. Par ailleurs, une intervention de la commune de Genappe pour que les Genappiens ne doivent pas payer plus que les résidents dans les piscines des communes proches est certainement une mesure légitime. Il s’agira également de veiller à ce que ces piscines proches soient accessibles aussi sans voitures. Nous retenons donc votre idée de négocier un tarif préférentiel pour les habitants de Genappe, avec pourquoi pas une prise en charge partielle par la ville de Genappe.

Pour les réseaux d’égouttage, nous sommes a priori pour l’égouttage et surtout pour l’épuration des eaux usées. Nous avons pris clairement position en faveur de certains projets d’égouttage au niveau de Bousval (collecteur de la Cala et station d’épuration) et ce, même si nous savons très bien que ce n’est pas électoralement porteur à cause des nuisances d’un tel chantier. Cela a suscité beaucoup d’opposition dans le quartier. Cependant, la question d’un réseau d’égouttage ou de système individuel est grandement une question technique. L’alternative du lagunage est souvent avancée mais pose le problème de la surface disponible, du contrôle difficile lié à la multiplicité des solutions individuelles et, à terme, de la qualité de l’épuration. L’égouttage ne relève pas uniquement des compétences communales. Les égoûts sont une priorité communale mais aussi régionale et même fédérale puisque la Belgique risque une amande européenne pour son retard en ce domaine. Il est grand temps de faire bouger les choses.

Pour le gaz de ville, c’est un peu la même chose. Nous ne pensons pas que la configuration du quartier rende possible un réseau de distribution du gaz. La demande a déjà été faite auprès du distributeur mais il considère que l’installation dans ce quartier n’est pas rentable. Ici encore la commune n’est pas seule aux commandes. On ne peut exiger à la campagne toutes les commodités de la ville.

Pour l’éclairage, nous sommes ouverts à la discussion mais il ne nous semble pas à priori évident que toutes les rues doivent être éclairées. Cela dépend notamment de la fréquentation de la rue.

Par ailleurs, on l’oublie parfois mais la pollution lumineuse est bien une nuisance également. Tout le monde n’est pas favorable à de l’éclairage public absolument partout. Il faut aussi en tenir compte. De nouveau, vous connaissez certainement mieux le quartier que nous c’est avec intérêt que nous prendrons connaissance des arguments en faveur de l’éclairage public y compris dans les rues peu fréquentée de votre quartier. Nous serions certainement plus enclins à préconiser, comme c’est le cas pour le RaVel, un éclairage de balisage sécurisant pour les usagers et réduisant la pollution lumineuse pour les riverains. Nous nous intéressons de près à des solutions de ce type, autonomes au niveau énergétique (panneaux photovoltaïques couplés à un éclairage LED, qui se déclenchent au passage d’un piéton ou d’un cycliste). Mais cela a également un coût et doit être débattu.

Voilà l’essentiel de notre réaction par rapport à vos espoirs. Pour certains, nous pensons les rencontrer très clairement. Pour d’autres, c’est sans doute le cas. Nous sommes vraiment ouverts à la discussion. C’est par des échanges comme ceux-ci, que l’on peut transformer notre slogan "Avec vous" en une pratique ancrée dans la réalité. Alors, n’hésitez pas à réagir. Dites nous ce qui vous convainc, ce sur quoi vous avez peut-être changé d’avis mais également ce sur quoi vous n’êtes vraiment pas d’accord et pourquoi.

Très cordialement,

Tanguy Isaac, Sophie Vandeloise, Anne Beghin, Nathalie Plisnier, Bernard Löwenthal, Philippe Goubau, Yves Amand