Pour la majorité, l’enseignement ne mérite pas le débat !

Publié le jeudi 26 décembre 2013

Alors que le groupe Ecolo souhaitait (re)demander la mise en place d’une commission enseignement sur la Commune de Genappe, le collège a exprimé son refus, par écrit, à notre groupe et ce avant même que nous ayons eu l’occasion de mettre ce point en délibération au conseil communal ! Par le présent communiqué de presse, Ecolo souligne qu’il n’existe aucune envie de dialogue ni d’ouverture sur les questions d’enseignement. Pire, la manière de procéder de la majorité est non seulement cavalière mais également anti-démocratique et confirme nos impressions de fermeture et d’immobilisme d’une majorité unique. Nous avons été carrément empêchés de mettre ce point à l’ordre du jour. Et ça c’est grave. Non seulement les élus ne veulent pas discuter des enjeux de l’école d’aujourd’hui et de demain mais pire, ils refusent le débat, l’échange en amont quant à l’utilité d’une telle commission. « Nous avons estimé qu’il n’était pas nécessaire d’élargir le débat » a expliqué le bourgmestre à la fin de la séance de conseil communal du 18 décembre dernier. Sur base de quels arguments ? Nous restons dans le flou le plus complet. Or ce que souhaite le groupe Ecolo, c’est justement d’élargir ce débat, de penser, de réfléchir et d’innover pour l’école d’aujourd’hui et de demain. Récemment la majorité présentait fièrement à la presse son bilan, mettant à l’avant plan la création d’une dizaine de commissions. Pourquoi certaines matières bénéficient –t-elles d’une commission et d’autres pas ? Pourtant, l’enseignement ce n’est pas anodin à Genappe. Cela représente 6 implantations communales, 3 écoles catholiques, quelque 1000 enfants, le double de parents, une centaine d’instituteurs (trices). Gérer une telle matière aujourd’hui c’est accepter de se poser des questions et de trouver des solutions. Les problèmes ne manquent pas. Retenons à titre d’exemples :
- Les difficultés scolaires des enfants et l’existence de problèmes relativement nouveaux (troubles de l’attention, etc.) ; - La nécessité de penser le soutien scolaire aux enfants et aux familles de manière globale et locale ; - Le soutien des équipes éducatives en place ; - la violence, l’individualisme exacerbé au détriment de la solidarité et de la citoyenneté ; - l’amélioration du bien-être de tous les acteurs au sein de l’école ; - L’accueil des enfants le matin et en fin de journée, avec 1 enfant sur 4 en dessous du seuil de pauvreté.

Les défis des différents des élus politiques, quel que soit leur niveau de pouvoir sont donc énormes. Il va falloir faire face à des problèmes nouveaux, s’adapter aux mutations sociétales. Tout cela requiert imagination, créativité et innovation. Trouver les meilleures solutions possibles est une grande responsabilité. Dans ce contexte où on parle d’avenir, de vision, il va falloir inévitablement envisager l’enseignement communal sous un angle nouveau.

Le refus de la majorité est donc double : refus du débat et de la délibération ; refus de la mise en place d’un groupe de travail sur ces questions. Le refus est net. Un NON, point final. Un NON sans discussion. Un NON mal argumenté ! Sur ce dossier, comme sur d’autres (petit clin d’œil non amusé au récent dossier éolien), Ecolo trouve que les élus en place sont plus passifs qu’actifs. « N’avez-vous pas l’impression de regarder le monde qui se donne en spectacle plutôt que d’y participer pleinement » avons-nous envie de leur demander. Ce refus ne traduit-il pas aussi une forme d’autosatisfaction affichée. Or, en tant que Pouvoir Organisateur des écoles communales, accepter l’idée que les enfants et tous les acteurs scolaires méritent qu’on s’intéresse à eux de manière progressiste et en phase avec les réalités contemporaines coule de source. La majorité n’a manifestement pas l’ambition d’innover. Et reste sur la défensive avec des propos tels que « nous faisons bien notre travail » ou « nous nous préoccupons des enfants ». Ou encore, se retranche derrière la Fédération Wallonie-Bruxelles, derrières ses directrices, et enfin derrière des chiffres. Bref. Dans ce dossier, le collège contourne certaines réalités, ferme les yeux sur d’autres. Sur le bulletin communal, Ecolo souhaite juste écrire : Peut beaucoup mieux faire. Et ce n’est pas la première fois ces derniers temps.

Anne Beghin, conseillère