Le CEB, l’épreuve de fin de primaire qui rassure le PO de nos écoles communales

Publié le lundi 4 août 2014

Se rassurer, se montrer satisfait, tout un programme !

En juin 2014, en Fédération Wallonie-Bruxelles, 88,54% des élèves de sixième primaire ont réussi leur CEB (Certificat d’études de base). Sur l’ensemble de nos écoles communales de Genappe, tous les enfants auraient décroché leur diplôme et c’est tant mieux.

Toutefois n’oublions pas de lire ces résultats à la lumière de l’un ou l’autre point.

-  Le CEB est considéré comme réussi dès lors que l’élève a obtenu au moins 50% dans chacune des 3 matières évaluées. A Genappe combien d’enfants ont-ils réussi en flirtant avec les 50 ou même les 60 % ?

-  Derrière ces chiffres de réussite, il existe donc un écart important entre ceux qui réussissent tout juste avec 50% et ceux qui réussissent avec 90% et plus ! Le sort des enfants sera alors bien différent en fonction de leurs résultats et de l’école secondaire choisie.

-  Le taux d’échecs lors du premier degré du secondaire reste très élevé et en fin de troisième il y a plus d’enfants en retard qu’à l’heure.

Pourquoi, Genappe et ses habitants échapperaient à ces difficiles constats qui nous rappellent qu’à Genappe aussi il est temps d’entendre la sonnette d’alarme du monde scolaire. Il est temps d’anticiper, de prévoir, d’avoir des visions.

Tout d’abord, il est temps de mettre en place de réels services de soutien scolaire sur notre commune. En soutenant ceux qui existent déjà, en les renforçant, en les développant (en termes de personnel et de locaux) et en acceptant qu’ils ne peuvent y arriver seuls. L’AMO A l’Uche prend en charge 15 adolescents par semaine et l’école de devoirs située dans la Maison Beghin aide une dizaine d’enfants. Pour rappel quelque 1000 enfants sont scolarisés sur notre commune tellement étendue par ailleurs que les enfants de Houtain-le Val ou ceux de Bousval ne peuvent pas bénéficier de ces deux services situés au cœur de ville, si loin de chez eux. Les études dirigées, faute de moyens, sont parfois inexistantes dans nos écoles communales.

Comme cela existe depuis longtemps dans les communes avoisinantes, il est donc temps de créer de nouveaux services, de nouvelles réflexions et de nouvelles pistes. Il n’est plus acceptable d’externaliser les problèmes scolaires en dehors de nos écoles, de conseiller à des enfants de changer d’école parce qu’ils n’ont plus le niveau, d’attendre des parents qu’ils se transforment en instituteurs(trices) le soir, etc.

Il est urgent enfin d’évaluer les projets pédagogiques de nos écoles (Sport-Ecole à L’Espace 2000, pédagogie Freinet à l’Espace 2000, Immersion linguistique à l’école de Baisy-Thy). Aussi pertinents soient-ils, nous ne pouvons plus entendre (dans le discours des élus !) que certains de ces projets, comme Sport-Etude ont été mis en place pour augmenter le taux de fréquentation de l’école et d’arrêter ce projet puisque cet objectif est atteint quelques années plus tard ! C’est rompre la confiance que les parents avaient mis dans l’école et le projet choisi. Les premiers petits « immergés » du projet immersion linguistique de Baisy-Thy viennent quant à eux de terminer leur sixième année avec leur CEB en poche. Mais quels étaient les objectifs de départ de l’immersion ? Que cherche-t-on réellement au-delà d’un taux de fréquentation tellement en hausse que la capacité d’accueil de l’école est arrivée à saturation. Et si c’est le sacrosaint bilinguisme qui est visé, comment évaluer le niveau atteint chez les enfants quand on sait par ailleurs que l’épreuve du CEB est rédigée en français accroissant finalement les difficultés des enfants qui n’ont jamais entendu parler de trapèze ou de perpendiculaire, leurs cours de math étant donnés en néerlandais ?

Pourquoi notre échevine de l’enseignement se borne-telle à nous rassurer en expliquant que le projet immersion sera évalué cette année sur base des résultats obtenus à cette épreuve !? Quel est en fin de compte le lien qui est fait ? Alors qu’ils ont été scolarisés largement en néerlandais, ils obtiennent tous leur CEB en français ! N’évalue-t-on pas ici la capacité d’adaptation des enfants et non leur bilinguisme ? N’évalue-t-on pas la capacité aussi des parents à sans cesse tout traduire dans les deux langues ?

Quand et comment les projets vont-ils être évalués ? Afin d’être ensuite revus, corrigés, optimalisés.

Anne Beghin