Démission de Philippe Lorsignol

Le discours de Philippe au Conseil communal

Publié le mercredi 25 novembre 2015

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les membres du conseil,

Après 26 ans de présence au conseil communal, et 33 ans de militantisme chez Ecolo, j’ai estimé qu’il était temps de vous proposer ma démission du conseil communal et de tous les mandats qui en découlent. N’y voyez là aucun signe d’un découragement ou de remise en cause idéologique de ma part, mais je pense simplement qu’il y a un temps pour tout et qu’il est bon de se fixer de nouveaux objectifs personnels.

Cette décision était de toute façon prévue de longue date. J’avais promis aux membres de ma locale de démissionner à mi-mandat au cas où Ecolo ne participerait pas à l’exécutif. Normalement, c’était prévu pour la fin janvier 2016. J’ai un peu avancé la date à la suite d’une alerte de santé toute récente.

Ceci dit, je ne voulais pas vous quitter sans vous faire part de quelques réflexions suscitées par ces longues années passées au sein de cette assemblée.

Rassurez vous, je ne vais pas faire un bilan succinct de mon action et m’auto couvrir de fleurs. Simplement, sans exagérer mon rôle, je veux croire que j’ai contribué à faire bouger les lignes au cours de toutes ces années. Je ne donnerai qu’un petit exemple. Début des années 90, j’avais proposé un système de fauchage tardif au bord des voiries communales. Ce qui avait déclenché l’hilarité de l’ensemble des conseillers communaux. Plus de 20 ans plus tard, je constate non seulement que ce fauchage tardif est appliqué mais de plus, Monsieur le bourgmestre, vous venez de changer votre photo de profil sur Facebook : une superbe image de coquelicots sur fond de chapelle du Try au Chêne. Et j’en suis fort aise. C’est évidemment anecdotique, mais révélateur. Les temps changent et les petits hommes verts ont souvent été des précurseurs.

Plus sérieusement, je pense que mon action en tant que président du Cal (Contrat d’Avenir Local), soutenu en cela par les échevins de l’environnement, Pierre Géruzet et Marianne Janssens a permis à la ville de Genappe d’appréhender enfin la dimension du développement durable en décidant de se doter des outils nécessaires. C’est, je pense, ma plus grande fierté de conseiller communal.

Je voudrais aussi profiter de cet instant pour m’excuser auprès de tout ceux que j’aurais pu blesser, par mon style parfois un peu direct et mon humour un peu abrupt. J’ai coutume de dire qu’on n’est pas en guerre, et qu’on se doit le respect. J’ai peut être une faculté d’indignation au dessus de la moyenne. Dans le feu de l’action, on n’est jamais à l’abri d’un coup de sang. J’ai d’ailleurs dû en encaisser moi même quelques uns.

Ceci étant dit, en aucun cas, je ne voudrais quitter cette assemblée avec des rancoeurs qui n’ont pas lieu d’être. Au contraire, je voudrais saluer ici tout ceux qui s’engagent localement dans un parti démocratique pour défendre leurs idées et servir leur communauté. Et tant mieux si nous ne sommes pas souvent sur la même longueur d’onde. C’est la confrontation des idées qui fait avancer les choses. Les consensus mous, ca ne fonctionne pas. Et à cet égard, il me semble que Ecolo Genappe joue son rôle. Je suis content de quitter la politique active en laissant une locale Ecolo en ordre de marche qui a assuré sa pérennité dans le paysage politique Genappien. Je pense que Genappe aura toujours besoin d’un parti Ecolo performant pour faire face aux grands défis qui attendent notre ville : vieillissement de la population, jeunesse, enseignement, culture, urbanisme, transition énergétique et réchauffement climatique, TIC (technologie de l’information et de la communication), paupérisation grandissante et dualisation de la société, etc… En ces temps de désamour entre les citoyens et la politique, le challenge est de taille. La solution pour combler ce fossé grandissant est connue. C’est la participation active des citoyens à la vie politique. La pompe est amorcée à Genappe au travers des dossiers du Schéma de structure, du plan de mobilité, et du PCDR. Mais c’est loin d’être suffisant. Pourquoi ne pas établir des contrats de budget participatif par exemple où les citoyens décident eux mêmes de prioriser certains investissements ? Pourquoi ne pas lancer résolument le concept de Smart City, une ville ultra connectée au service d‘une information dynamique aux citoyens ? Utopie ? Non. Cela existe dans d’autres villes. Alors pourquoi pas à Genappe ? Ne pas avancer, c’est reculer. Ne pas rêver, c’est ne pas entreprendre. Plus que jamais, en ces temps troublés, il faut rêver sa ville et se projeter dans l’avenir.

Nul doute que Anne Beghin qui sera notre nouveau chef de groupe sera à la hauteur pour défendre ces points de vue. Mon remplaçant comme conseiller ne devrait pas non plus vous décevoir. C’est avec une certaine émotion que je lui cède le flambeau et que je vous dis : au revoir …et de toute façon : à bientôt .

Je voudrais aussi remercier l’ensemble du personnel communal pour sa qualité d’écoute et son sens du service public que j’ai pu apprécier durant tous mes mandats.

Et bien sûr, je vous invite ainsi que le public fidèle et courageux qui se trouve dans la salle à prendre le verre de l’amitié.