CEB. La claque.

Près de 10% d’échecs en Fédération Wallonie Bruxelles. 12 ans. Fin des primaires. Sanction.

Publié le lundi 27 juin 2016

Et à Genappe ? Combien d’enfants l’ont réussi ? Combien ne l’ont pas obtenu ? Combien d’enfants aussi l’ont réussi avec un niveau sans doute très faible. Trop faible que pour entamer des secondaires sereinement et en confiance. Combien aussi ont déjà quitté notre enseignement communal parfois trop élitiste ou sans véritable soutien scolaire ?

10% d’échecs. Davantage que ces dernières années.

C’est une claque pour ces trop nombreux enfants qui sont ainsi sanctionnés si jeunes. C’est toute leur estime d’eux-même et leur confiance en eux déjà si fragiles qui vascillent.

Une claque surtout lorsque l’on sait pertinemment bien que :

  • tel qu’organisé en Fédération Wallonie-Bruxelles le redoublement coûte une fortune et ne sert à rien si ce n’est à décourager la plupart des enfants ;
  • les classes de 1ères différenciées (accueil des enfants n’ayant pas obtenu leur CEB en secondaire) sont devenues des classes à haut risque de décrochage.

Il est grand temps que la Fédération Wallonie- Bruxelles se réveille. Nous n’avons pas le temps d’attendre la mise en place optimale du Pacte d’Excellence de la ministre (ne faudra-t-il pas au moins 10 ans pour le mettre adéquatement en place ?). Il est grand temps aussi que tous les acteurs concernés par cet échec se réveillent. Il est grand temps de dégager des moyens financiers et humains.

L’échec des enfants c’est le nôtre d’abord. Et dès le niveau local nous pouvons et nous devrons agir. Au sein de nos écoles communales nous pourrions agir de manière concertée si la commune s’en donnait la volonté et les moyens.

Des mesures, des outils existent et pourraient être (re)mis en place :

  • réintroduire de la participation et de la solidarité à l’école, dès le plus jeune âge. Dynamiser l’entraide entre enfants car elle est efficace : parrainage et tutorat scolaire intergénérationnel ou au sein des classes.
  • trouver les moyens de faire de la remédiation immédiate, au fur et à mesure de la journée, en classe ( il faut dégager des moyens important pour cela c’est évident...mais cela coute moins cher que le redoublement)
  • soutenir la réalisation des devoirs et des leçons dans des lieux appropriés, encadrés par des professionnels, que ce soit à l’école directement ou dans des structures telles que les écoles de devoirs. E Genappe ces structures existent et font du très bon travail mais au total ne savent pas accompagner ( EDD et AMO Tempo réunies ) plus de 40, 50 enfants et sont basées uniquement en centre ville.
  • des méthodes pédagogiques plus actives (dans l’esprit de l’école Freinet de l’Espace 2000).

A Genappe la politique de l’enseignement ne tient pas suffisamment compte des difficultés des enfants, des nouvelles difficultés d’apprentissage des enfants, des changements de société. Nous ne soutenons pas suffisamment "nos" enfants. La majorité est encouragée à réussir... dans une dynamique très souvent individualiste et compétitive. Combien sont laissés de côté ? Il n’y a aucune réflexion globale et durable sur le soutien scolaire et la remédiation. Malgré nos demandes répétées de mois en mois. D’année en année.Malgré aussi les demandes d’autres acteurs comme les parents.

Anne Beghin Chef de groupe