Il est temps de retrouver de la sérénité et de l’objectivité.

Sortir de ses gonds signifie être tellement excité par sa colère qu’on est comme hors de soi-même. Cela nous arrive. Cela peut arriver. Cela peut arriver dans certaines circonstances. Toutefois en séance publique de conseil communal cela m’étonne toujours lorsque l’exacerbation de la colère clôt le débat -à peine entamé par ailleurs- de manière brutale, inadéquate, injuste. Et c’est bien semble-t-il ce qui s’est passé lors du conseil communal du 24 avril 2018 lors du débat sur l’éolien. Le président de notre conseil communal aurait-il perdu l’habitude d’être contredit… Contredit ici par les écolos démontrant les incohérences et l’inutilité des démarches en cours, notre bourgmestre est donc sorti de ses gonds. Il faut dire que les argumentations de la majorité sont floues, insatisfaisantes, émotionnelles.  Elles ne tiennent plus la route. Et dans le débat sur l’éolien il faut quitter la sphère émotionnelle pour se centrer sur le rationnel, sur la forme. Il nous semble donc fondamental d’être clair, de présenter une vision globale d’une part, historique d’autre part. Présenter une vision la plus objective possible en rappelant sans cesse l’intérêt collectif des enjeux.

En ce sens, Ecolo Genappe souligne que la Région wallonne semble tout mettre en place pour une transition énergétique correcte, sûre, cadrée et concertée. Ecolo rappelle aussi que la compétence en cette matière ne relève nullement du niveau communal mais bien du régional… et qu’à lire ce que le ministre publie sur le sujet nous pouvons être rassurés. Sa posture ne relève nullement d’une attitude de cowboy avec des projets d’implantations archaïques comme certains opposants voudraient le faire croire aux plus crédules.

A titre d’exemple, le tout récent document émis par le ministre Carlo di Antonio, Pax Eolienica (le 30 mars), a pour objectif d’apaiser le secteur et de renforcer l’acceptabilité des riverains et des pouvoirs publics. Il prévoit quinze mesures phares pour soutenir le développement éolien. Il s’agit, en fin de compte, de garanties pour la sécurité juridique, la simplification administrative, l’inclusion des citoyens et des communes.

C’est parce qu’aujourd’hui Genappe n’est nulle part dans sa contribution aux efforts collectifs de transition énergétique et de réduction des gaz à effets de serre, contributions exigées tant par l’Europe que par la Région wallonne, qu’Ecolo essaie de se faire entendre. Parce qu’aussi à Genappe le débat a commencé il y a plus de 20 ans avec des séances d’informations, des rencontres, des enquêtes publiques, des échanges. Avec à la clé surtout des refus, des blocages. Genappe n’étant nulle part dans ses propres engagements (Convention des maires votée en 2016 et Plan Climat communal incluant notamment l’implantation de 7 éoliennes), Ecolo exige maintenant de la cohérence, de l’objectivité et des passages à l’acte.

Nous devons viser la réduction de nos consommations d’énergies. Nous devons aussi favoriser un recours croissant aux énergies renouvelables dont l’éolien. Nous n’avons plus le choix. Des échéances sont fixées :  2025 ou la sortie du nucléaire – 2030 ou la concrétisation de notre plan climat en vue d’une réduction de 40% des gaz à effet de serre – 2050 ou la production 100% d’énergie renouvelable en Wallonie.

Genappe ne peut plus sans cesse se dérober, sans cesse contourner, éviter, résister ou rester au balcon de l’inaction alors que tous les signaux environnementaux sont au rouge et que 15.000 experts internationaux tirent le signal d’alarme.

Ecolo Genappe s’oppose donc à l’introduction de ce recours en annulation et en suspension au Conseil d’état dans le cadre de ce permis unique pour 6 éoliennes de WindVision (dont 3 à Genappe). En effet, étude communale ou pas, nous sommes persuadés que le ministre aurait accordé dans tous les cas de figure ce permis à ce promoteur éolien. Le ministre bénéficie à ce jour de tous les éléments techniques et juridiques indispensables à une décision correcte, fondée et objective. Et notre collège communal le sait bien.

Par la même occasion nous rappelons notre opposition à ce projet d’étude communale. Il n’est pas opportun de continuer dans cette voie. Il s’agit d’une obstination qui na pas de sens. Nous répétons que 100 000 euros seront dépensés pour une étude inutile, prétexte, sans lendemain parce que juridiquement stérile. Etude qui de toute façon ne satisfera jamais entièrement les antis-éoliens. Etude à laquelle le ministre refuse d’accorder plus d’importance que celle que nos élus semblent lui porter.

Ce dossier de l’éolien est imprégné de lenteur, de résistances émotionnelles et de malhonnêteté intellectuelle dont Genappe devrait avoir la dignité de sortir par respect de ses engagements et pour l’intérêt collectif. C’est le seul qui doit nous guider en politique. Ce changement de posture de notre bourgmestre demande du courage. Et nous savons qu’il n’en manque pas quand il s’agit de défendre le collectif et l’évidence.

 

Anne Beghin

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