Le vent tourne à Genappe.
Les écolos sont soulagés de ce début de changement et veilleront à ancrer Genappe, comme bien d’autres communes, sur la carte des vents.

 

Un premier permis enfin octroyé !

Ce trois avril dernier, le Ministre Carlo Di Antonio a infirmé la décision prise en première instance par ses fonctionnaires délégué et technique de refuser le permis unique concernant le projet de WindVision (implantation de 6 éoliennes dont 3 sur le territoire de Nivelles et 3 à Genappe – enquête publique du 4 juillet au 5 septembre 2017). Sur recours, il octroie donc le permis sollicité par un avis bien motivé.

Dans un souci constant de promouvoir l’autonomie énergétique communale, de diminuer les gaz à effet de serre mais surtout de défendre l’intérêt général, Ecolo Genappe a toujours soutenu tout projet de production d’énergies renouvelables dont font partie les parcs éoliens. Jusqu’à présent, aucun n’a jamais vu le jour à Genappe alors que les dérèglements climatiques et leurs effets collatéraux frappent toujours plus forts à nos portes. Les terribles inondations des 7 et 23 juin 2016, à Genappe, nous montrent pourtant que nous ne sommes guère à l’abri de ces catastrophes. Nombreux sont les signes du dérèglement climatique qui bouleversent chaque jour nos certitudes. Il y a moins de six mois, 15.000 scientifiques s’unissaient pour tirer la sonnette d’alarme.

L’urgence de la situation ne nous autorise donc plus de reporter sans cesse à demain  ce que nous pouvons réaliser pour le bien-être de la planète et de ses habitants aujourd’hui même. Le projet de WindVision répond d’ailleurs au Plan d’Action Energie Durable Climat (PAEDC) élaboré et adopté par la commune de Genappe le 30 mai 2017. Celui-ci précise, que la part d’énergies renouvelables produite par les éoliennes sera de 65%, le reste se répartissant entre d’autres énergies durables (l’utilisation du bois, la biométhanisation, les panneaux photovoltaïques, la force hydraulique et la géothermie).

Quoi qu’en disent les opposants, les éoliennes feront, dès lors, de plus en plus partie intégrante de nos paysages (tout comme les antennes T.V pendant des années sur nos toits ou les pylônes H.T.). Aujourd’hui elles sont l’avenir énergétique de l’Homme, le temps de découvrir d’autres procédés ou de nouvelles technologies propres. En outre, elles sont aisément démontables et une caution importante est exigée pour leur démantèlement en fin d’exploitation (30 ans) au cas où les promoteurs ne pourraient remplir leurs obligations.

 

Une étude prétexte pour retarder encore et encore l’éolien à Genappe : Non !

Quant au projet de cadre éolien communal que la commune souhaite réaliser et dont l’étude est budgétée pour un montant très élevé de 100.000 €, un argument majeur de l’arrêté du Ministre Di Antonio semble s’y opposer. Il souligne le risque d’un conflit de compétence majeur entre notre propre cadre éolien, s’il devait être adopté, et le cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région wallonne.

Ainsi, concernant la cartographie communale que la ville souhaite élaborer, le ministre souligne que : « le développement éolien doit être prioritairement envisagé à un niveau supra communal (voire supra provincial) à savoir au niveau régional. Les études que pourraient mener les communes, resteront toujours instructives et indicatives mais ne sauraient être contraignantes au niveau régional, les incidences visuelles (entre autres) dépassant largement les limites territoriales d’une voir plusieurs Communes.

C’est l’évidence même ! Nous vivons dans un Etat de Droit mais si chaque entité, si chaque commune, si chaque citoyen devait définir ses propres règles et les imposer aux autres, nous serions plongés dans une insécurité juridique constante et dans l’anarchie la plus complète.

Notre bourgmestre d’habitude si précautionneux accepte donc une dépense de 100.000 € pour une étude locale inutile, complexe et juridiquement contestable.

Malgré une forte pression du Collège communal (courrier, email et rencontre de notre bourgmestre avec le ministre), pour l’inciter à refuser tout permis avant l’adoption préalable d’un cadre éolien local, Monsieur Carlo Di Antonio a su garder à l’esprit l’intérêt collectif et le bon sens. Il a bien compris, lui, que les accords de Kyoto, la Cop21, les recommandations européennes ou la Convention des Maires (à laquelle Genappe adhère depuis 2016) sont d’un intérêt bien supérieur aux susceptibilités, aux inerties locales. L’autonomie communale a des limites et, jamais, elle ne peut freiner l’intérêt général. Principe qu’Ecolo Genappe n’a cessé de répéter et d’argumenter ces dernières années et ces derniers mois.

 

Quand le refus, le rejet et le repli sur soi ne profitent pas au plus grand nombre, Ecolo dit « ça suffit ».

En outre, prétendre comme l’affirme le bourgmestre (Le Soir – 6 avril 2018 – page 19) que : « … C’est vrai, nous ne sommes pas disposés à imposer de l’éolien dans nos quartiers si les citoyens n’en veulent pas. Mais je suis persuadé qu’on trouvera à Genappe des endroits où des éoliennes pourront être placées » semble être contradictoire avec ses résolutions antérieures et paradoxal dans le contexte climatique et catastrophique actuel.

En effet, en 2013, le Conseil communal a rejeté avec force (20 voix contre et 3 voix favorables d’Ecolo) le cadre éolien wallon et les 25 sites potentiels inscrits dans sa cartographie positive, pourtant réalisée par d’éminents experts de l’Université de Liège et de Gembloux. Nos élus ont refusé 25 sites qui impactaient le moins l’environnement et les habitants. Aujourd’hui, en existeraient-ils d’autres encore moins impactant et au potentiel énergétique équivalent ? D’autres experts seront-ils plus compétents que ceux  de 2013 ? S’opposer aux éoliennes ne s’apparente-t-il pas à un manque de courage politique si pas de lâcheté, et d’autant plus durant une année électorale ?

De même, introduire un recours auprès du Conseil d’Etat pour s’opposer à la décision ministérielle (notre bourgmestre l’a dit publiquement lors de deux conseils communaux) n’est-ce pas déraisonnable, insensé, ridicule ? Est-ce faire preuve de responsabilités que de s’attaquer à une décision ministérielle bien motivée et d’intérêt général ? Est-ce admissible que deux administrations publiques dépensent ainsi l’argent des contribuables pour s’attaquer, se défendre et se déchirer l’une contre l’autre ?

 

Ne plus repousser l’évidence

Ecolo Genappe connait les craintes et les freins des opposants mais espère que la majorité des citoyens s’ouvrira aux enjeux sociétaux qui dépassent de loin leurs rejets. Pour l’intérêt collectif actuel et celui des générations futures ne devons-nous pas collaborer, soutenir et nous associer à de tels projets. Pour cela, il faut s’asseoir tous ensemble à la table des négociations et discuter sans exclusives pour trouver un compromis entre parties (promoteurs, coopératives, pouvoirs publics, intercommunales, associations, citoyens, …). L’enjeu est primordial et urgent.

Avec l’arrivée de ces premières éoliennes sur son territoire, Genappe s’inscrira-t-elle comme commune responsable et s’ancrera-t-elle, enfin, fermement  dans le 21ième siècle ? N’est-ce pas aussi un signal fort que nous donnerions aux jeunes, à nos jeunes ? Ceux-ci attendent de la part des élus, des adultes et de la génération qui les précède que chacun fasse sa part du boulot dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Ne pas envisager les choses sous cet angle pourrait être décodé comme de l’égoïsme. Pire encore, car comme le souligne Nicolas Hulot, « à force de repousser les décisions nécessaires, la probabilité de résoudre la crise climatique, qui elle-même amplifie toutes les autres crises, s’amenuise ».

 

Ecolo Genappe

Share This