Une fois n’est pas coutume, l’école communale de Baisy-Thy fait parler d’elle.

Ecolo Genappe, rejoint par le groupe socialiste, a refusé en séance de conseil communal de novembre 2017 de cautionner, à la demande de l’échevine de l’enseignement, son projet d’établissement. Mais pourquoi ? Si le Projet d’Etablissement de cette école est arrivé sur la table du conseil communal, c’est très probablement un nouveau signe d’un malaise récurrent, de longue date et auquel aucune réponse structurelle n’est apportée. Jamais un projet d’école n’est arrivé par le passé en conseil communal.

Le malaise prendrait ses racines dans la dynamique relationnelle entre les différents acteurs de cet établissement scolaire. Ce n’est nullement le pédagogique ou le travail des enseignants qui est pointé ici, loin de là, mais bien les tensions entre le pouvoir organisateur-la direction et les parents qui occupent une fois encore le devant de la scène de cette école communale.

Ecolo souligne que ce n’est pas aux conseillers communaux de la ville d’approuver un projet d’école et un ROI (Règlement d’Ordre Intérieur). Cela relève, par décret, du Conseil de Participation (COPA). Ce dernier doit être composé de membres de la vie associative et culturelle, de membres de l’équipe éducative, de l’échevine (PO) et de représentants du comité de parents. Un projet d’école ne fonctionne que lorsqu’il a été pensé, conçu et rédigé ensemble et que son vote remporte l’adhésion des acteurs. Les conseillers communaux ne peuvent se substituer à ces acteurs…dont les parents !

Or à Baisy-Thy, le PO (la Ville de Genappe) a démissionné de force le comité de parents en mai 2016… Et en juin 2017, nous constations avec un certain désarroi la démission de la présidente du nouveau comité de parents, succédant à deux démissions de membres en cours d’année. Dans cette école, il n’y a donc plus de comité de parents et nous le déplorons au regard de l’importance de cet organe dans la vie d’une école. En effet un comité de parents participe à l’équilibre démocratique d’une école. Est-ce parce que on ne leur donne plus la place prévue par les décrets ou encore par la FAPEO que les parents en veulent plus s’investir ? Il nous semble que cette question a vraiment le mérite d’être posée. Il serait ensuite souhaitable d’analyser le pourquoi de cette situation et d’essayer d’y apporter de vraies réponses. Il existe, par exemple, en Fédération Wallonie Bruxelles, un service pertinent et gratuit de médiateurs scolaires qui pourrait aider à démêler le sac de nœuds entre les intervenants.

Si Ecolo a pointé ces problèmes de forme, ses représentants au conseil communal se sont aussi abstenus pour des raisons de fond. Pour rapide rappel, un projet d’établissement a pour mission de servir un projet pédagogique. Et avec un projet pédagogique aussi ambitieux que celui mis en place il y a 10 ans, à savoir l’immersion linguistique, on pourrait s’attendre à un projet d’école dont les activités, thématiques et projets soient aussi en lien avec l’apprentissage du néerlandais. Le projet d’école présenté en conseil communal n’est pas assez abouti. Il s’agit d’un catalogue de bonnes intentions, un catalogue par ailleurs beaucoup trop long. Ce type de projet pourrait en fin de compte s’appliquer à n’importe quelle école… lui donnant un caractère impersonnel.

Ecolo Genappe, très sensible à cette question, souligne positivement l’accent mis dans le projet au soutien scolaire mais déplore son manque de précision et d’opérationalité. Ainsi, si on ne ne peut qu’approuver l’idée qu’on va développer au sein de l’école des outils de remédiation et de soutien individualisé, il est dommage que le document n’explique pas lesquels . On n’y lit pas une approche particulière pour les enfants qui exprimerait d’avantage de difficultés en néerlandais. Et par ailleurs, on demande aux parents de soutenir l’enfant lors du travail à domicile alors que l’on sait très bien que des parents n’y arrivent pas soit en raison de leur activité professionnelle soit en raison de leur propres difficultés en néerlandais. Ou encore dans des familles plus précarisées.

Quant au ROI, rédigé « en mode sanctions et menaces », Ecolo Genappe souligne le risque qu’il participe à un climat d’école insuffisamment participatif et constructif.

En conclusion, si on sent bien la volonté d’avancer et même d’innover au sein de cette école, ne faudrait-il pas d’abord:
– résoudre les dysfonctionnements énoncés plus haut
– stimuler la remise sur pied d’un comité de parents
– réduire le nombre d’objectifs du projet d’école
– repenser le projet d’école en lien étroit avec le projet pédagogique

En ce sens et à titre d’exemples, pourquoi ne pas envisager de communiquer dans les deux langues (site internet de l’école, communication écrite, signalétique au sein des bâtiments et espaces extérieurs dans les deux langues) mais aussi de construire des activités dans les deux langues (activités culturelles, activités d’échanges linguistiques, etc…).

Anne Beghin
Chef de groupe Ecolo Genappe

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