Quand on est jeune, on a besoin à la fois d’être protégé et stimulé. Quitter l’enfance, c’est à la fois devoir abandonner pas mal de choses et en reconquérir d’autres. Ce qui n’est pas simple. Grandir et s’inscrire dans la collectivité c’est un travail énorme. Et cela fait un bail qu’Ecolo Genappe souhaite que la ville donne toute son importance à sa jeunesse, qu’elle la reconnaisse, lui ouvre des services, des espaces, et des portes sur l’avenir.
Plus d’une fois, les écologistes du Lothier l’ont souligné, être jeune à Genappe c’est le parcours du combattant tant il y a des manques. Là où nos seniors ont leur commission, leurs fêtes, leurs sorties, leurs excursions ou encore leurs paquets surprises annuels, les jeunes n’ont rien. Enfin si, ils bénéficient, aussi grâce à la commune tout de même, de multiples possibilités de faire du sport ; de pouvoir s’inscrire dans les activités de l’équipe de l’AMO Tempo. Et beaucoup de nos jeunes sont inscrits dans les mouvements de jeunesse. Tout cela est magnifique mais assurément insuffisant.

Il manque à Genappe et ses villages, des espaces, des salles de répétitions pour les jeunes musiciens, des projets encadrés par des animateurs. Genappe manque cruellement de lieux: lieux de rencontres, lieux d’échanges, lieux de jeux, lieux d’expression. Genappe manque également de services aux jeunes. Le soutien scolaire notamment pour les enfants mais aussi pour les ados et les grands ados est insuffisant. L’AMO (Action en Milieu Ouvert) et l’EDD (école de devoirs) font un travail remarquable mais une fois encore insuffisant, au regard du nombre d’enfants et d’ados versus le nombre d’animateurs actuels pour ces deux structures. Il manque aussi de relais dans les villages. En deux mots, il manque probablement une maison de jeunes voire une maison de jeunes nomade qui circulerait d’un village à l’autre.

Dernièrement, les écologistes semblent avoir été entendus par l’échevin de la jeunesse à l’initiative de cette grande enquête menée par internet auprès des jeunes, en avril et mai 2015. Enfin la commune se préoccupe des jeunes et les interpellent sur leurs loisirs, leurs souhaits, leurs attentes et besoins.

Malheureusement nous déplorons des zones de flous et une part d’amateurisme dans la conception du questionnaire. Et dans la procédure.
Un travail aussi sérieux devait évidemment être précédé d’une étude qualitative, sous forme d’animation de groupes de parole avec des jeunes représentatifs. Et ce n’est que sur base des résultats de cette première phase que le questionnaire pouvait alors être conçu objectivement et aussi prétesté. Puis validé. L’étude qualitative zappée, le questionnaire a montré ses lacunes et ses limites : très peu de questions ouvertes afin de recueillir les avis spontanés des jeunes sur leurs souhaits et attentes ; les activités suggérées dans les choix multiples étaient les mêmes pour la semaine que pour le week-end. On retrouvait par exemple les Mouvements de jeunesse en semaine ! Certaines associations étaient citées comme « Coup de Pouce » (typiquement jeune pour les 12-19 ans) alors que d’autres pas comme par exemple le CEC « Les ateliers du Léz’arts ». A propos des occupations pendant les vacances aucune activité de stage n’était citée alors que justement les Léz’arts proposent des stages tous les étés et durant certains congés. Par contre, on retrouvait comme proposition d’activité durant les vacances « préparer ses interros et faire ses devoirs » !!!

Il s’agit d’une étude menée par une sociologue encadrée par la faculté de sociologie de l’UCL. Mais cela n’empêche pas que notre échevin aurait dû se montrer plus vigilant afin que soient repérées de telles erreurs et incohérences !
Faisons aujourd’hui confiance aux jeunes qui ont participé, et ils sont nombreux, à l’analyse des résultats et à l’intérêt sincère que porte Vincent Girboux à la jeunesse de sa commune pour qu’enfin celle-ci agisse et innove en faveur des centaines d’adolescents qui y résident.

Anne Beghin
Conseillère communale Ecolo

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