Grandir et prendre sa place dans le monde, c’est le passionnant mais difficile travail des adolescents. Grandir c’est toute une histoire qui se met en place, un puzzle qui s’élabore. Un casse-tête parfois. Grandir cela ne se fait pas sans outils, objets, jouets, livres, créativité, émotions, expériences. Grandir exige aussi de côtoyer des adultes bienveillants. Et que l’on cesse de qualifier arbitrairement tous les parents de démissionnaires…c’est notre société qui démissionne face à sa jeunesse.

Le jeune a besoin à la fois d’être protégé et stimulé. On pourrait presque dire qu’il a besoin d’un fameux et fabuleux moteur d’apprentissage. Car en quittant l’enfance, l’ado, comme on dit, a inévitablement dû abandonner pas mal de choses, ce qui n’est pas simple…et il va devoir en reconquérir d’autres. Ce qui n’est pas plus simple. Il lui faut une part d’audace, d’envie, de joie, de patience et d’expérimentation. Du courage parfois. Beaucoup de confiance en soi. Mais inévitablement il lui faut aussi des partenaires tant parmi ses copains que parmi les adultes qu’ils rencontrent. Des adultes ouverts, respectueux, à l’écoute, et biens dans leurs baskets aussi. Il lui faut des lieux aussi où il peut s’exprimer, se divertir ou mettre en place des projets.

A Genappe comme ailleurs, le jeune est souvent porteur de croyances et de malentendus. Il fait peur, il agace, il dérange, il bouscule. Pourtant pour qu’il puisse un jour prendre sa place en tant qu’adulte partout, mais aussi dans sa cité…il va falloir la lui donner. Les adultes ont une responsabilité par rapport à la jeunesse. Une ville, une commune, un pays qui ne se préoccuperait pas de cette question de la place du jeune se montre quelque peu suicidaire. Ne pas donner de place aux jeunes…c’est ne pas envisager l’avenir. C’est carrément une insulte à l’avenir. Donner une place, cela passe par des lieux, des services ou encore des événements 100% jeunes. Il faut que les jeunes puissent s’exprimer, échanger, rencontrer, prendre part et participer.

A Genappe, ne devons-nous pas tout faire pour pouvoir ouvrir une Maison de jeunes ou au moins un Espace-jeunes promis en 2013 par monsieur Girboux, dans le cadre du futur pôle culturel (site des Ateliers du léz’arts et des anciens bureaux de la police), et déjà remis en question un an plus tard ! Les jeunes ont besoin de lieux d’expression : pouvoir répéter avec son groupe de musique, se retrouver, mettre en place un projet, etc. Les communes avoisinantes, toutefois plus denses, offrent à leurs jeunes une MJ (Maison de jeunes) : Braine-l’Alleud, Waterloo, Wavre, Tubize pour citer 4 exemples. Mettre en place une MJ ça prend du temps et comme pour beaucoup d’associations dans le secteur socioculturel…il faut fonctionner avant pour être reconnu et recevoir des subsides après ! D’autres l’ont bien fait avant nous alors pourquoi pas nous ? C’est une question de volonté politique uniquement pas de disponibilité de budget. Utilisons le budget du colis annuel fait aux aînés (plus de 30 000 euros/an !) pour engager un éducateur ou animateur de jeunesse.

Assurément, Genappe a encore du travail pour faire de sa commune une commune Jeunes admis. Les jeunes Chenappans ont aujourd’hui trois grandes possibilités d’activités : le scoutisme, le sport et la culture (bibliothèque-académie & le Centre d’Expression et de Créativité, les Ateliers du Léz’arts, le CCG), toutes soutenues par la ville. Et, s’il s’agit bien là de milieux indispensables, à valoriser encore et encore, ce n’est pas suffisant. Genappe manque cruellement de lieux plus libres : lieux de rencontres, lieux d’échanges, lieux de répétition, de jeux, lieux d’expression. Genappe manque également de services. Le soutien scolaire notamment pour les enfants mais aussi pour les ados et les grands ados est insuffisant. L’AMO (Action en Milieu Ouvert) et l’EDD (école de devoirs) font un travail remarquable mais une fois encore insuffisant, au regard du nombre d’enfants et d’ados versus le nombre d’animateurs actuels pour ces deux structures. Il manque de relais dans les villages. Souvent éloignés….Ne faudrait-il pas envisager pour toucher davantage de jeunes villageois un « comptoir jeune nomade » ?

Enfin, près de 35% des personnes qui bénéficient du RIS à Genappe (Revenu d’intégration sociale du CPAS) ont moins de 25 ans ! Que proposer, mettre en place, innover pour eux ? Comment les sortir de l’isolement, du repli et des risques de précarité.

A Genappe nous devons nous battre pour notre avenir : les jeunes. Et cesser de nous retrancher derrière des obstacles qui ne tiennent pas la route : pas d’écoles secondaires sur la commune, manque de budget, secret professionnel, etc.
En ce sens, Ecolo fait de la jeunesse un de ses chevaux de bataille.

Anne Beghin
Conseillère communale Ecolo

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