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Pour une transition écologique de la société

Nous, écologistes…

Nous sommes des citoyennes et des citoyens engagés
pour la justice sociale et environnementale

Nous sommes citoyennes et citoyens du monde investis dans nos communes,
dans nos régions, notre pays, en Europe, dans le monde.

Nous voulons construire un monde plus juste permettant l’émancipation de
toutes et tous aujourd’hui et demain.

Nous voulons que les êtres humains soient considérés comme la principale
richesse des sociétés qui peuplent la planète.

Nous sommes conscients de notre interdépendance avec les peuples du
monde et les écosystèmes naturels. Nous voulons léguer aux générations
futures une planète viable.

La justice sociale et la justice environnementale sont pour nous indissociables.
Leur réalisation implique la participation active du plus grand nombre
et le développement de toutes les solidarités : institutionnelles ou spontanées,
maintenant, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain.

Nous voulons changer la marche de ce siècle

L’humanité est à un de ses tournants. Elle est traversée par de multiples
crises : écologiques, économiques, financières et sociales. Ces crises sont
interconnectées et les populations, y compris en Belgique, les subissent dans
leur vie quotidienne. Elles participent à la montée des incertitudes et des
insécurités qui fragilisent les individus mais aussi la cohésion et l’existence
même de nos sociétés.

Quelles que soient les difficultés rencontrées, nous sommes de plus en
plus nombreux à imaginer et à mettre en oeuvre des solutions nouvelles
pour que ce siècle soit porteur de plus de justice et d’émancipation.

Là où nous agissons, en Belgique et en Europe, avec notre parti frère Groen
et les Verts européens, nous voulons accélérer la construction d’une société
centrée sur le respect des générations futures, sur un rapport équilibré avec
la nature, sur l’égalité des femmes et des hommes et sur la créativité et la
coopération plutôt que sur l’exploitation des humains et des ressources et la
compétition à tout prix.

Nous, écologistes, voulons prolonger les mouvements qui combattent toutes
les formes de privilèges, d’exploitation et d’ignorance, mouvements dans lesquels
s’ancrent depuis plus de deux siècles les valeurs de la gauche.

Le monde est en perpétuel changement. Nous travaillons aux côtés de celles
et ceux qui, aujourd’hui, à la lumière de l’évolution de la mondialisation, des
désastres produits par le néolibéralisme et des impasses du productivisme,
réinterprètent ces mouvements et oeuvrent à des évolutions positives, porteuses
de sens et de solidarité.

Notre identité

L’écologie naît face à l’illusion productiviste

Depuis le début de l’ère moderne, la plupart des doctrines économiques et
politiques ont partagé la croyance que la croissance illimitée de la production
était, partout, capable d’accroître le bien-être et d’éviter les conflits. Les
écologistes pensent que dans un monde aux ressources limitées, celle-ci ne
peut constituer une visée politique raisonnable.

Dès la seconde moitié du XXe siècle, des femmes et des hommes se sont levés
pour s’opposer à la dilapidation du patrimoine naturel et dénoncer la démesure
à l’oeuvre au coeur du productivisme. Ils ont combattu la dictature de la société
de consommation et l’uniformisation des modèles culturels et économiques.

Avec des scientifiques, ils ont mis les enjeux des sciences, des technologies
et des limites de la planète au coeur du débat politique.

Ces femmes et ces hommes furent les pionniers de l’écologie politique.

La dimension globale de l’écologie politique attira des tiers-mondistes, des
féministes, des syndicalistes, des pacifistes, des antiracistes, des activistes
soucieux de faire autrement de la politique.

En 1980, des citoyens ont créé Ecolo

Depuis plus de 30 ans, toujours plus nombreux, des milliers de militantes et de
militants, des centaines d’élues et d’élus se battent et agissent dans les communes et collectivités locales, les parlements, les gouvernements. Ils sont aussi
engagés dans les associations, les groupes de pression, les entreprises, les
comités de quartier et poursuivent leur engagement dans leur vie quotidienne.

Ils mettent la qualité de l’environnement et le renforcement de la démocratie
à l’agenda politique. Qu’ils soient dans l’opposition ou la majorité, la justice
sociale et environnementale est leur priorité.

Les constats sont de plus en plus partagés

Les constats posés dans les années 1970 par les écologistes sont désormais
de plus en plus partagés.

Le réchauffement de la planète et les dérèglements qu’il implique, la raréfaction
des énergies fossiles et des autres ressources naturelles, deviennent palpables
(accès à l’eau potable, émeutes de la faim, migrations climatiques …). L’impact
des pollutions sur la santé et l’environnement est devenu une évidence.

L’économie se globalisant, des industries sont délocalisées. Le taux de chômage
est devenu structurellement élevé. Les inégalités socio-économiques
croissent, la qualité de vie diminue, les rythmes s’emballent.

Ouvrir un horizon postcapitaliste contre l’alliance
des conservatismes et du productivisme

Si les constats de l’impasse sont de plus en plus partagés, force est de
constater que beaucoup veulent néanmoins continuer à appliquer les mêmes
recettes, voire même les amplifier.

Quels que soient les partis et les forces économiques qui l’appliquent, l’alliance
du néolibéralisme et du productivisme conduit l’humanité vers des crises de
plus en plus graves. Ce ne sont pas seulement les exclus du système salarial
qui en sont les premières victimes mais également certaines catégories de la
population active.

En transformant toute chose en marchandise, en démantelant les services
publics, en privatisant les biens communs, cette alliance entre néo-libéralisme
et productivisme se présente toujours comme n’ayant aucune alternative
possible. Elle est en ce sens profondément anti-démocratique. Elle
défigure le sens de la liberté. Elle nous empêche de maîtriser nos vies et de
trouver du temps pour nous et pour les autres.

Dans un monde aux ressources limitées, où l’humanité n’a jamais produit
autant de richesse, et où celle-ci n’a jamais été aussi mal répartie, la seule
option viable et solidaire afin de permettre un mode de vie épanouissant et
prospère pour tous, est de sortir d’un système qui vise l’accumulation et le
profit pour le profit, en détruisant la planète et en creusant les inégalités. Ce
système risque à terme de s’effondrer de façon anti-démocratique, violente
et chaotique. Il nous faut réduire, proactivement, le pouvoir économique et
financier des marchés et du capital en faveur du pouvoir démocratique des
citoyens, afin de permettre une répartition juste et pérenne des richesses et
un choix souverain d’orientation de l’économie et de la société.

Développer le potentiel émancipateur des technologies
de la communication au service du projet écologiste

Le développement exponentiel des moyens de communication et de leurs
utilisations depuis les années 1990 a transformé notre société.

Les technologies de la communication ont le potentiel
de multiplier les possibilités de participation politique
et d’action humaines en réduisant les inégalités d’expression
et en favorisant les capacités de collaboration.

Sans naïveté ni pessimisme, nous voulons continuer
à tirer parti de ces instruments technologiques pour
contribuer au projet écologiste, notamment pour renforcer
l’émancipation de l’individu, l’expansion de la
sphère autonome et le partage des connaissances.

Nos balises pour l’action

Notre action est guidée par une série de balises, repères qui donnent du sens
et orientent notre engagement collectif.

Nous sommes responsables de l’avenir de la planète
et du genre humain

L’activité humaine a pris une importance quasiment équivalente à celle des
grandes forces naturelles. En moins d’un siècle, cette activité a profondément
altéré une grande partie de notre environnement naturel et a très largement
entamé les ressources disponibles.

Il s’agit d’utiliser les ressources naturelles et les autres espèces vivantes
de manière responsable, en conservant et réparant ce qui est essentiel aux
équilibres vitaux, afin d’éviter d’abréger l’histoire de l’espèce humaine et
d’exacerber les conflits.

Nous ne pouvons pas négocier avec la nature. En revanche, nous pouvons
nous inspirer de sa créativité. Les ressources génétiques appartiennent au
patrimoine commun de l’Humanité. Le lien que nous entretenons avec la
nature est une dimension essentielle de notre humanité.

Une Terre plus verte, un monde plus juste, une société des égaux

Les personnes sont plus épanouies dans une société plus égalitaire. L’égalité
sous toutes ses formes est indispensable à la justice, au lien social et à la
participation politique.

Dans une société égalitaire, la santé, l’éducation, la mobilité sociale, la dignité,
la confiance, l’épanouissement collectif et individuel sont plus grands. Les
coûts des politiques de santé, de remédiation scolaire, de correction des déséquilibres
socio-économiques ou de sécurité publique sont moins importants.

Le premier objectif de notre action politique est la poursuite d’un monde juste.

Nous n’acceptons pas que les premières victimes du productivisme soient
les personnes qui en sont le moins responsables et en bénéficient le moins.
La surconsommation des uns est payée par la surexposition des autres aux
crises sociales, écologiques et financières.

Nous n’acceptons ni que les populations du Sud fassent directement les frais
d’une mondialisation non régulée, ni que la fracture sociale s’accroisse dans
les pays du Nord.

La fiscalité juste, la mise à disposition de services publics efficaces et accessibles
au plus grand nombre et l’accès de tous aux biens communs sont les
premiers instruments d’une justice redistributive écologique.

La solidarité et la convivialité au quotidien
au service des biens communs

Dans le monde associatif ou syndical, dans celui de l’économie sociale, des
PME ou des grandes entreprises, avec nos proches et dans nos quartiers,
nous vivons l’expérience quotidienne de la solidarité.

Nous voulons redéfinir et réinventer la prospérité. Nous encourageons toute
initiative qui réinvente le lien social et les échanges quotidiens par la convivialité,
le don contre-don et la coopération. Voilà des notions fondamentales
qui appellent des politiques fondées sur la confiance et l’échange solidaire.
Ce sont ces logiques qui sont à l’oeuvre dans l’élaboration et la préservation
des biens communs.

Nous soutenons les multiples engagements associatifs, ici et ailleurs dans le
monde, car ils constituent eux aussi un remède à l’insécurité sociale. Nous
favorisons les initiatives originales de transition qui éclosent car elles renforcent
la créativité et la résilience écologique des communautés locales,
c’est-à-dire leur capacité collective à traverser les crises.

La participation et la délibération pour faire société

La démocratie constitue le critère de légitimité des décisions collectives. Elle
offre à la société le meilleur moyen de réfléchir sur elle-même et d’inventer
l’avenir ensemble. Elle permet à chacun d’exprimer et défendre ses idées
tout en acceptant les divergences d’opinions et les règles établies pour gérer
pacifiquement ces divergences. Elle sert l’idéal d’une société d’égaux. Elle
garantit dès lors à chacun une chance équitable d’influencer la décision indépendamment
de sa richesse, de ses capacités, de son sexe ou de toute autre
discrimination.

La démocratie ne se limite pas au droit de vote.

Elle repose aussi sur la délibération publique, qui permet aux membres de la
société de se reconnaître mutuellement et d’éviter de réduire l’intérêt général
à la somme des intérêts particuliers.

La démocratie que nous voulons se base également sur la participation effective du plus grand nombre à la vie politique et sociale, par les moyens
les plus variés possibles. C’est ce qui permet d’ailleurs de servir concrètement
l’idée d’égalité politique, de produire des liens sociaux, un esprit de coopération,
une appropriation des règles collectives et, au fond, le sentiment
d’appartenance à une collectivité humaine.

Une société de l’égalité entre les femmes et les hommes

L’égalité entre les femmes et les hommes fait partie des fondements de
l’écologie politique. Elle trouve son origine dans notre combat pour une
justice sociale et dénonce notre organisation sociale fondée sur une vision
conservatrice de la place et du rôle des femmes et des hommes.

Nous voulons réaliser l’idéal paritaire dans la représentation politique afin
d’assurer un exercice équilibré du pouvoir. Des mesures correctrices sont nécessaires
pour lutter contre les stéréotypes de genre dès l’école et éradiquer
les discriminations de genre dans tous les champs de la vie sociale, familiale,
professionnelle et à tous les niveaux de responsabilité.

Un pouvoir mieux distribué et éthique

Le pouvoir doit être exercé dans de bonnes conditions pour éviter les abus
sous toutes leurs formes. Ils sont très souvent la conséquence d’une trop
grande concentration ou d’une trop longue occupation du pouvoir.

Non cumul et limitation dans le temps des mandats permettent de lutter contre
ces abus. D’une part, ces mécanismes permettent de partager les responsabilités
entre un plus grand nombre de citoyens. D’autre part, ils assurent le renouvellement
des mandataires, leur évitent la déconnexion avec la réalité, leur
garantissent du temps pour l’exercice de leur mandat, préviennent les conflits
d’intérêt et empêchent, le cas échéant, la
concentration de pouvoirs ou de revenus.
Ainsi, ces mécanismes contribuent à la fois
à civiliser la vie politique et à politiser la société
civile.

La démocratie se nourrit de renouvellement
et d’alternance politique. Aucun parti n’a
vocation à rester éternellement au pouvoir.
La confusion entre les intérêts des partis
et les organes de l’Etat porte atteinte non
seulement à l’éthique mais aussi au principe
démocratique.

L’exercice des responsabilités -au-delà de l’objectif de rendre le meilleur
service possible au citoyen et de gérer au mieux l’Etat- doit être mené de
façon transparente, désintéressée et exemplaire, dans le respect d’une parité
effective entre les femmes et les hommes. Il doit toujours être balisé par les
règles éthiques et déontologiques les plus pointues, en évitant toutes les
formes de clientélisme et de passe-droit, et en appliquant systématiquement
les principes d’égalité de traitement et d’objectivation.

Une culture de la paix et de la non-violence

Le conflit est inhérent à la vie en société. La violence, non. Les guerres
naissent dans les esprits des femmes et des hommes, c’est donc là aussi
qu’il faut pouvoir les combattre.

Nous sommes convaincus de la pertinence et de l’efficacité de la non-violence
dans le dialogue entre les humains et dans le débat et l’action politique. Dans
les rapports entre les peuples, la coopération doit primer systématiquement
sur tout autre mode d’action.

Cette culture de la paix et de la non-violence doit également s’incarner dans
l’opposition à la prolifération nucléaire tant militaire que civile, hors recherche
fondamentale et usages de santé.

Une culture du respect, de la tolérance et de la reconnaissance

La société s’enrichit des complémentarités de celles et de ceux qui la constituent.
Cette société inclusive que nous voulons est le meilleur rempart contre
les replis sur soi qui favorisent les nationalismes, les populismes et le rejet
de l’autre.

Une condition essentielle à l’existence même de cette société et de la démocratie,
c’est le respect par chacun et par l’Etat du socle que représentent
la Déclaration universelle des Droits de l’Homme -entre autres les libertés
fondamentales et l’égalité femme-homme- et le respect du principe de la
stricte séparation entre l’Etat et toute croyance, qu’elle soit religieuse ou non.

Une autre condition est notre capacité d’ouverture au débat et de remise en
question de nos évidences, au profit d’une évolution mutuelle qui fasse grandir,
dans la rencontre, chacune des composantes de notre société.

Les discriminations directes ou indirectes, fondées notamment sur l’origine
ethnique, le handicap, l’orientation sexuelle ou encore le genre n’y ont pas
droit de cité. Cette lutte n’est pas terminée et nous continuerons à nous y
investir sans compter.

Notre projet pour ce siècle

Notre horizon pour le XXIème siècle, partout où nous sommes acteurs, consiste
en une société qui repose sur la participation politique et sociale des individus,
la mise en oeuvre de nouvelles solidarités, les logiques de coopération,
l’appartenance à un territoire ouvert sur le monde, l’échange des connaissances,
la création culturelle et la prise en compte des générations futures.
Les logiques économiques à l’oeuvre devront respecter ou restaurer les écosystèmes
et réduire les inégalités.

Nous voulons lever les résistances et les obstacles qui nous séparent de cet idéal.

Une société solidaire et inclusive

Pour l’autonomie de chacun

Chaque être humain doit pouvoir se choisir un avenir et avoir les capacités de
le réorienter si cela s’avère nécessaire.

Chacun doit avoir la possibilité de se former, de développer une profession ou
d’entreprendre. Chacun doit disposer de la capacité de forger le lien tel qu’il
veut le tisser avec les autres.

Tous, nous bâtissons le lien social. Tous, nous sommes solidaires.

Renforcer les solidarités et la sécurité sociale

Personne ne doit rester au bord de la route. L’Etat et la collectivité forment un
rempart à la fragilité sociale de chacun et plus particulièrement des enfants,
des personnes en situation de précarité, en situation de handicap, âgées ou
accidentées de la vie. Le rôle de l’État et de la collectivité est également de
prévenir et de remédier à la précarité.

Pour faire société, nous tissons du lien social et inventons des solidarités à
l’échelle de la famille, de nos proches, du quartier, du village ou… du monde.

Mais c’est d’abord et avant tout grâce à une sécurité sociale renforcée et
dont les mailles seront resserrées que la solidarité doit s’organiser. En dialogue
avec les interlocuteurs sociaux, de nouveaux droits doivent être créés,
notamment en réponse à l’augmentation de la durée de la vie et via l’individualisation
des droits sociaux et le développement de son financement alternatif.
La solidarité entre toutes et tous est la condition de l’émancipation de
chacun et le modèle le plus efficace de l’organisation de la vie en société.

L’Etat doit se donner les moyens de lutter contre toute forme d’exploitation
et permettre à chacun d’avoir accès à un logement, à des soins de santé et à
un enseignement qui soient de qualité et à une alimentation saine. C’est dans
ces conditions que l’émancipation de chacun sera assurée.

Bâtir un monde solidaire

La solidarité entre les êtres humains dépasse les frontières des États. La
coopération internationale et la solidarité avec les pays en voie de développement
font partie du projet écologiste.

Tant pour le Nord que pour le Sud, c’est une richesse que d’échanger et d’être
en relation. Parce que nous vivons toutes et tous sur la même planète mais
dans le respect de nos différences, nous souhaitons aux autres sociétés les
balises que nous souhaitons pour la nôtre.

Une société émancipatrice et participative

La responsabilité de la société et de la planète se transmet
à la génération suivante

Tous les enfants doivent bénéficier de la gratuité et de l’accès effectif à l’enseignement,
avoir la possibilité d’acquérir des connaissances et des compétences
et de développer leurs talents. L’école doit contribuer à corriger les
inégalités, offrir toutes les chances de réussite et permettre aux enfants de
construire leur avenir.

Les arts et les cultures réinventent la société

Nous souhaitons l’avènement d’une société dans laquelle la production culturelle
et la transmission de connaissances constituent les moteurs de la vie
sociale dans une société égalitaire. Les cultures sont sources de communication
et d’identités. Elles nous permettent de nous réinventer perpétuellement.
Nous souhaitons une société ouverte qui suscite la créativité et l’imagination,
où chacun trouve l’occasion et les moyens de s’exprimer.

La démocratie participative permet le dialogue et la décision collective…

Des formes nouvelles de participation directe et délibérative, y compris à
l’échelle transnationale, devront être mises en oeuvre en appui et complément
de la démocratie représentative. Elles contribueront à créer les conditions
pour que chacun qui le désirera puisse s’intégrer au coeur de l’action
politique car c’est le lieu de l’exercice collectif de la responsabilité et de la
liberté. Cette participation politique des citoyens ne requiert aucune condition
préalable, aucune expertise spécifique, aucun pré-requis particulier.

Pour une transition écologique de la société

… y compris sur les choix technologiques

Face à la diversité des trajectoires technologiques possibles, l’Etat doit organiser
le débat démocratique en prenant en compte leur pertinence par rapport
à un objectif de transition durable de nos sociétés.

Certaines options technologiques doivent pouvoir être abandonnées ou reportées,
en application des principes de prudence et de précaution. D’autres
doivent être renforcées lorsqu’elles permettent aux femmes et aux hommes
de vivre mieux, plus durablement, plus pacifiquement et plus longtemps.

Les discussions éthiques fondamentales doivent être abordées de manière
non dogmatique.

La santé doit mobiliser tous les secteurs de la vie en société

La santé est une ressource, une énergie pour que chacun puisse être acteur
de sa vie et dans la société. Les inégalités sociales de santé sont injustes et
peuvent être évitées.

La santé ne se réduit pas à l’absence de maladie. Outre le système de santé,
elle doit mobiliser tous les secteurs de la vie en société qui ont un impact sur
la qualité de la vie : le secteur social, la culture, l’aménagement du territoire,
l’emploi, l’environnement, le logement, etc.

Le temps est une ressource essentielle

Chacun doit avoir les moyens de prendre le temps de vivre et de participer à
la société et à la démocratie. Les temps, en particulier ceux du travail, doivent
être redistribués. Les temps passés à contribuer à la société doivent être pris
en compte dans l’organisation générale des rythmes de la société.

Il convient de rendre plus égalitaire la distribution des revenus et du temps
libre, pour délier la notion d’activité humaine du travail et répartir de façon
plus juste le bien-être dans toutes ses dimensions.

Vers une société interculturelle

Nous, écologistes, voulons relever le défi de l’interculturalité et ainsi reconnaître
et valoriser la diversité des cultures et des modes de vie. Il ne s’agit donc pas de
favoriser le développement séparé des cultures et les politiques qui y mènent. Il
s’agit d’assurer la participation de chacun à la construction de la société. Ce qui
nous rassemble est infiniment plus fort que ce qui nous sépare.

Un environnement sain pour chacun, basé sur le respect de la nature

La biosphère et ses équilibres précaires rassemblent une série stupéfiante
de conditions et d’équilibres qui la rendent non seulement habitable pour
l’humanité mais aussi objet d’admiration.

En dehors des services écosystémiques essentiels qu’elle apporte à l’humanité et des conditions de possibilité d’existence qu’elle lui offre, la planète et
toutes les espèces qu’elle abrite méritent, dans leur richesse et leur diversité,
respect, entretien et préservation. L’environnement et les espèces vivantes
ne pourraient être ramenés à des objets d’exploitation dont la seule valeur
serait l’utilité qu’ils apportent aux êtres humains.

L’environnement comme limite

L’exploitation des ressources et des espèces constitue aujourd’hui le principal
rapport de l’humanité à son environnement. Nous sommes entrés dans une
ère nouvelle : l’activité humaine a un rôle déterminant dans la perpétuation ou
la menace des équilibres de la biosphère.

Il ne s’agit pas de sauver la planète ou de nous sauver mais de nous sauver
avec la planète.

Apprendre à vivre à l’intérieur des limites de la biosphère constitue sans doute la
plus grande des révolutions mentales qu’ont à affronter les sociétés humaines.
Pour ce faire, la seule prise de conscience des limites ne suffit pas : c’est notre
rapport à la nature, fondé sur l’exploitation et l’épuisement qu’il s’agit de revoir.

L’environnement comme cadre de vie

Nous voulons une société au sein de laquelle chaque citoyenne et chaque
citoyen vive dans un environnement préservé et sain, qu’il soit urbain ou rural.

Pour réduire l’empreinte écologique des populations, les politiques publiques
doivent soutenir les modes de vie peu consommateurs de ressources naturelles
(habitat, production, création, éducation…) tout autant que l’innovation
technologique orientée vers cette réduction.

La transition énergétique pour relever de multiples défis

Nos modes de vie reposent sur une utilisation effrénée d’énergie fossile et
fissile : pour nous chauffer, nous déplacer ou faire fonctionner nos appareils
électriques. Cette utilisation intensive conduit à une impasse quant aux coûts
qu’elle entraîne, aux risques auxquels elle nous expose ou à la fragilité et la
dépendance qu’elle renforce.

Pour une transition écologique de la société

Nous devons nous engager dans la transition énergétique. Nos sociétés se
baseront sur la sobriété, l’utilisation rationnelle de l’énergie, l’accès abordable
pour chacun et la production exclusive d’énergies renouvelables à l’horizon
2050. Cette transition doit reposer sur un soutien accordé à tous, citoyens,
entreprises, collectivités et associations.

Une économie au service de la société

La prospérité doit être redéfinie sans la lier à la croissance et au PIB mais en
l’enrichissant des différentes dimensions de l’existence, au-delà de la seule
richesse matérielle.

La production de biens et services indispensables aux êtres humains doit tenir
compte des limites physiques de la planète et dépasser les logiques purement
marchandes pour articuler marchés, services publics et biens communs.

L’entreprise ne doit pas être une agrégation de capitaux et de titres de propriété
qu’il s’agirait de rentabiliser au détriment de la justice sociale et de
l’environnement. Elle doit prendre de plus en plus en compte les conséquences
de son activité sur la vie des travailleurs, des consommateurs, des
citoyens et sur l’environnement.

L’entreprise n’en sera que plus performante sur le plan social, économique et
environnemental : l’écologie est l’avenir de l’emploi et de l’économie.
Nous voulons redonner au terme entreprendre toute sa noblesse. Les entrepreneurs
et leur esprit d’initiative, leur créativité et leur audace sont plus que
jamais nécessaires pour la transition écologique de l’économie.
Une économie plurielle
Nous voulons mettre en place une économie plurielle, basée sur les logiques
de régulation, de solidarité, de coopération et de durabilité
forte plutôt que sur l’obsession exclusive du profit à court
terme qui domine le système économique actuel. Cette
économie plurielle se centre sur la mise à disposition d’un
maximum de services au plus grand nombre de gens en
tenant compte des équilibres éco-systémiques. La finalité
n’est plus de produire sans cesse plus mais de produire
mieux et autrement, au service de la société.

Une économie circulaire

Une réindustrialisation verte doit transformer les modes de
production et de consommation de manière systémique,
depuis leurs infrastructures les plus vastes jusqu’à leurs détails les plus menus. L’économie circulaire doit permettre que les déchets
soient considérés comme une nouvelle ressource de la production industrielle.

Une agriculture relocalisée et nourricière

L’agriculture doit être relocalisée et soutenue pour son entretien et sa restauration
des écosystèmes et de la biodiversité. La chaîne alimentaire doit
être contrôlée et gérée de manière à nourrir l’humanité en respectant les écosystèmes
et la santé tout en permettant aux générations futures de faire de
même. L’agroécologie doit être encouragée afin que chaque peuple atteigne
l’autosuffisance alimentaire, afin de soutenir les mouvements paysans et de
créer des emplois non délocalisables.

Un système financier domestiqué

Le système financier doit être au service de l’économie réelle. Il ne peut faire peser
les conséquences de ses pratiques risquées et spéculatives sur la collectivité.

Il doit à la fois permettre le financement des énergies renouvelables et de la
réduction globale des consommations des ressources non-renouvelables. Il
doit aussi soutenir les PME, l’économie de proximité et les collectivités locales.

La diversité monétaire doit être encouragée en soutien d’une relocalisation
progressive de la production de biens et de services.

Tant au niveau européen que fédéral et régional, une fiscalité juste et efficace
dont le socle inclut toutes les formes de revenus doit être mise en place.

Réguler le marché

Le marché présente par essence des insuffisances majeures et doit être fondamentalement
régulé par le contrôle démocratique.

L’écologie politique défend aussi, à ce titre, une gestion collective et un financement
partagé des biens et services publics (l’enseignement, les soins de
santé, la mobilité, la communication…). Ceux-ci sont à ce point associés au
respect de la personne humaine que les soumettre à une logique marchande
dénie une part d’humanité en nous.

Un fédéralisme belge et européen moderne et universaliste

Les écologistes sont animés par les valeurs de solidarité, de coopération et
de respect des diversités dans l’organisation des institutions belges et européennes.
Le principe de subsidiarité doit guider les politiques de la commune
à l’Europe. Il vise à mener les politiques au niveau de pouvoir le plus approprié
pour les citoyens, tout en assurant l’articulation entre les différents niveaux
de décision et de responsabilité.

Moderniser le système fédéral belge, avec Groen

Dans ce cadre, guidé par les principes de solidarité interpersonnelle et de solidarité
entre les entités, de responsabilité dans la gestion publique, d’égalité de
traitement entre les personnes et de coopération volontaire et pérenne, Ecolo
entend continuer à moderniser le système fédéral belge, avec Groen.

S’engager dans la voie de la transition écologique européenne

L’écologie limitée à un seul pays serait vouée à l’échec. Une Europe forte et
démocratique peut devenir un moteur des changements économiques, sociaux
et environnementaux dont nous avons besoin, notamment pour contrer
la tyrannie des marchés et les nationalismes. Les fondements de paix et de
stabilité, de solidarité et d’unification politique, économique et sociale sur lesquels
s’est construite l’Europe doivent revenir au coeur de l’agenda politique
européen.

La justice sociale et la justice environnementale doivent guider les choix de
l’Europe afin qu’elle s’engage dans la voie de la transition écologique. Elle
doit être le moteur d’une gouvernance mondiale et de la coopération internationale,
assumant ainsi sa responsabilité historique dans la dégradation
des conditions écologiques, économiques et sociales dans les pays du Sud.

Mobiliser l’intelligence collective

C’est d’audace, d’intelligence, de créativité et de solidarité que nos sociétés
ont besoin aujourd’hui pour construire, collectivement et sans relâche, une
société plus juste, plus libre, plus démocratique et plus durable.

Ecolo, parti d’idées et de projets

Ecolo défend en priorité les personnes les plus touchées par les inégalités. Ce
projet politique ne vise pas à mettre la société en conflit mais à faire dialoguer
une société plurielle qui s’enrichit de ses différences. Il vise l’intérêt général
plutôt que la défense d’intérêts catégoriels ou corporatistes.

Ecolo propose aux citoyennes et aux citoyens – quelles que soient leur culture,
leur origine sociale, leur orientation sexuelle, leur religion ou leur originalité –
de se fédérer autour d’un projet de société (é)co-construit.

Ecolo, moteur de débats et d’innovations

Le processus démocratique appartient aux citoyennes et aux citoyens. Dans
ce cadre, nous organisons volontairement notre ouverture envers toutes celles
et tous ceux qui veulent penser la transition écologique, dans les entreprises,
les services publics, les associations, les syndicats, les professions, les lieux
d’enseignement et de recherche, ou dans leur vie quotidienne.

Ecolo veut entretenir avec eux des liens de coopération, de transparence et
de respect. Leur indépendance et leur liberté à notre égard est indispensable.
Elle nous vivifie.

Nous développons la prospective participative dans la société et veillons à
populariser l’écologie politique, notamment dans la démarche de l’éducation
permanente.

Le changement sera aussi politique

Des initiatives se multiplient pour commencer, d’une manière ou d’une autre,
à inventer d’autres modes de vie, à sortir du consumérisme, à lutter concrètement
contre les injustices, à développer les biens communs, à expérimenter
des pratiques de partage et de mise en commun.

Comme écologistes, nous croyons en la transformation patiente, obstinée et
radicale du monde présent, c’est-à-dire dans la transition écologique de la
société. Nous agissons là où nous sommes : dans notre vie quotidienne, dans
la vie professionnelle et dans la vie publique. Nous ne pouvons construire un
autre monde qu’à partir du monde actuel.

La vision résolument globale d’Ecolo passe par son engagement avec les
partis frères au sein du Parti Vert Européen et des Global Greens ainsi que
par l’établissement de liens de solidarité internationale avec les mouvements
sociaux qui partagent les combats de l’écologie politique.

La transition se construit à la fois dans la société civile et dans les institutions
démocratiques. Nous nous y attelons avec toutes celles et tous ceux qui partagent
nos objectifs.

edite ur respons able Ecolo-Bureau du Conseil de Fédération | Roald Wyckmans | 52 Av. de Marlagne | 5000 Namur | Juillet 2013

 
52 Avenue de Marlagne
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T. 081 22 78 71
info@ecolo.be
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