Oyé, oyé, bonnes gens, …. lors du conseil communal de ce mardi 17 décembre 2013, Gérard Couronné, notre grand argentier, a claironné fier et triomphant que sa commune est un paradis fiscal, classée, en outre, dans le top 30 des moins taxées de Wallonie.

Gérard had a dream et il a abouti : ravi et comblé, il vole enfin dans son propre paradis fiscal ! Ainsi, grâce à sa politique altruiste et généreuse, les plus riches de ses habitants n’ont rien à craindre pour leurs économies. Ses largesses fiscales les dispensent de solidarité envers les plus pauvres des communes wallonnes. Paradis fiscal rime ainsi avec chacun pour soi ! Programme incroyable d’une trop longue carrière politique, sans âme, ni relief, ni vision. En outre, incapable d’anticiper l’avenir, notre majorité se repose sur un confortable matelas financier, bercés d’illusions et de chimères, pour ne pas toucher à l’additionnel à l’Impôt des Personnes Physiques (I.P.P) et à l’additionnel au Précompte Immobilier (P.I) reportant ainsi sur les épaules de ses futurs successeurs la charge de mesures forcément impopulaires mais cependant, aujourd’hui, indispensables.

Gérard et ses acolytes oublient que dans les années antérieures, ce sont eux, déjà, qui ont relevé l’I.P.P de 6 à 7% et le P.I de 1700 à 1950 pour réduire une dette communale qui ne cessait de croître et pour combattre des budgets annuels couramment déficitaires. Aujourd’hui ce remède efficace, rapide et équitable serait-il démodé alors que la situation financière s’assombrit de jour en jour ? Celle-ci se dégrade lentement mais sûrement au fil d’une économie aléatoire, dirigée par des affairistes, actionnaires ou mafieux planqués dans d’autres paradis fiscaux, autrement plus juteux et attractifs que celui de la cité du Lothier ?

A Genappe, donc, pas touche à ces deux taxes qui font peur à nos élus libéraux et qui effraient leurs contribuables, surtout les plus nantis d’entre eux, fonds électoral égoïste du Mouvement Réformateur craignant cette réforme ! Est-ce par peur électorale ou afin de mystifier les nouveaux riches et leurs grosses villas aux recettes mirifiques ? On n’y touche pas malgré les périls qui se profilent à l’horizon. Pire, nos dirigeants distillent constamment dans le journal de Genappe un sentiment d’allégresse, indifférent aux avis éclairés, judicieux mais discrets de Bernard Dewel, le directeur financier de la cité.

Depuis des années, Gérard Picsous présente volontairement des budgets prudents, trop, et souvent même en déficit à l’exercice propre. Ainsi, sans la moindre marge de manœuvre, ces budgets tronqués n’autorisent aucun projet alternatif alors que les comptes des mêmes exercices, dévoilés quelques mois plus tard, pètent de santé, affichant des bonis autant paradoxaux qu’extraordinaires de plus de quatre millions d’euros. Tout va très bien, Madame la marquise entonne alors notre euphorique échevin des finances pour qui thésauriser est la seule voie qu’il connaisse pour se rassurer de sombres présages.

Bien sûr que la prudence est de mise mais impose-t-elle monotonie et inaction, empêche-t-elle anticipation et vision de l’avenir ? Aujourd’hui, fréquenter Madame Soleil n’est certainement plus du luxe et encore moins de la luxure ! En effet, est-ce sérieux de se fier à un boni global de plus de quatre millions d’euros, alors qu’il est stable depuis plus de dix ans et qu’il a donc perdu près de 20% de sa valeur sur cette période, suite à l’inflation ? Est-ce prudent d’ignorer les effets dévastateurs des changements qui vont affecter toutes les communes suite à la sixième réforme institutionnelle qui se met en place et dont le statu quo du fonds des communes révèle déjà la précarité des finances régionales et ses sous financements futurs ?
Comment prévoir et calculer le coût de la réforme du service incendie ou celui du transfert des compétences sociales de l’état fédéral vers les régions et leurs répercussions sur les CPAS et les finances communales ? Comment anticiper le coût sans cesse à la hausse des zones de police, dont celle de Nivelles-Genappe, est actuellement, déjà, sous financée ? Pourquoi ne pas stopper définitivement l’hémorragie incessante de nos dépenses énergétiques en investissant massivement dans des bâtiments passifs, dans la domotique ou l’éclairage performant, dans des chauffages hybrides, centralisés et distribués par réseau. Pourquoi ne pas appliquer une politique du personnel communal plus performante, dynamique et économe ? Pourquoi s’opposer aux éoliennes alors qu’elles sont puissantes, non polluantes, intelligentes et génératrices d’emplois et de richesses, alors que demain, quoi qu’on en pense, elles feront partie intégrante de nos paysages comme les usines, les bâtiments et tous leurs équipements qui, jadis, ont forgé nos sociétés, façonné notre environnement et enrichi nos aïeux ?

Le conseil communal de ce 17 décembre était principalement consacré aux budgets ordinaire et extraordinaire de 2014. Présentés par la majorité libérale (15 élus), il est normal que ces deux budgets aient été l’objet de critiques judicieuses et motivées de la part des neuf conseillers des trois groupes politiques de l’opposition, (3 P.S – 3 Ecolo – 3 CDh). Seul le groupe Ecolo a voté résolument contre ces funestes et mornes projections financières, les deux autres se sont abstenus.

Refus justifié et compréhensible après plus de 25 ans de domination bleue, de léthargie et d’aveuglement.

Daniel Detienne
Membre et militant Ecolo

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