C’est en 1950, en France, qu’a été organisée la première expérience de classe de neige. Elle s’est déroulée à Praz-sur-Arly et a été organisée sur l’initiative
d’une institutrice et du directeur du cours privé Victor Hugo à Paris. Par la
suite d’autres classes de neige s’organisent tant depuis la France que depuis
la Belgique. Mais aujourd’hui, quelque 60 ans plus tard….ces classes de
dépaysement sont-elles encore un passage obligé dans la vie des écoles ? Si
leur développement a été important dans beaucoup d’écoles primaires de
notre pays…toutes les écoles n’ont pas pris part à cette aventure et par
ailleurs beaucoup d’écoles ont cessé de les organiser. Comme l’école Sainte-
Marie de Bousval.
Pourquoi ouvrir un tel débat ?
Si nous avons tous été atterrés par l’accident de car qui s’est produit à Sierre
en Suisse en mars dernier… ce drame a fait revenir à la surface, nous semble-
t-il, la question du choix des destinations et des moyens de transport des
classes de dépaysement. Bien sûr il s’agit d’un accident, et cela reste
exceptionnel. Bien sûr nous ne pouvons pas tout contrôler et les accidents
font partie de la vie. Mais, repenser les destinations (plus ou moins lointaines)
et les transports collectifs (Train versus car) de nos enfants doit revenir en
débat dans toutes les écoles et au niveau des pouvoirs organisateurs.

En tant que parents, nous sommes très vigilants à propos de nombreuses
dimensions de l’éducation et du bien être de nos enfants : nous faisons
attention à leur nourriture, au choix de leurs activités extrascolaires, nous
réfléchissons longuement lorsqu’il s’agit de choisir une crèche, une école ou
un stage. Pour les classes de neiges, activités traditionnelles soit….nous
acceptons de les mettre dans des cars, en hiver, pour un trajet de nuit, d’une
durée variant de 12 à 16h, vers les stations de ski. Et là…n’oublions-nous pas
de nous interroger ?

 Quelle est la société choisie et sur base de quels critères a-t-elle été
choisie ?

 Le véhicule est-il parfaitement adapté aux conditions météorologiques
hivernales ?

 Les 2 chauffeurs sont-ils formés (et expérimentés) également pour
rouler sur les routes amenant aux stations de sports d’hiver ?

 La société est-elle spécialisée dans le transport des enfants vers les
stations de ski ?

 Combien de pauses sont prévues durant le trajet ?
Ecolo Genappe ne fait aucun procès d’intention ni aux organisateurs des
classes de dépaysement, ni aux sociétés de cars…mais estime que si la
commune continue, à l’avenir, à organiser des classes de neiges dans des
stations lointaines…elle doit donner davantage de garanties aux parents que
ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui…. Et ce finalement quelle que soit la
formule ou l’activité. Nous pouvons aussi être créatifs, innover et changer nos
formules….L’idée de ces classes c’est d’apprendre autre chose
autrement…..de faire l’école en dehors de l’école. En resituant ainsi le
contexte nous pouvons au moins souligner deux points :

 Aujourd’hui les formules de classes de dépaysement sont nombreuses,
variées et parfois tout près de chez nous : classes de voile, Classes de cirque,
classes de forêt, classes de sport, classes de vent pour citer quelques
exemples d’alternatives aux classes de neige ;

 Des classes de neige peuvent s’organiser, oui…mais beaucoup moins
loin qu’en Haute Savoie, Suisse ou Italie, dans les Vosges par exemple.

Enfin…les classes de dépaysement de demain doivent aussi tenir compte du
coût engendré par ces classes pour les familles (500 euros hors équipement…
est-ce encore raisonnable de nos jours ?)…et de leur empreinte écologique.

Anne beghin
anne.beghin@avcom.be

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